Suivre le déplacement des autobus en temps réel moins cher que prévu

Il en coûtera 11,6 millions $ de moins que prévu au Réseau de transport de la Capitale (RTC) pour mettre en place un système d'aide à l'exploitation et à l'information des voyageurs (SAEIV) permettant de suivre le déplacement des autobus en temps réel.
Le sous-traitant choisi, Inéo Systrans, a volontairement réduit ses prix pour pénétrer le marché nord-américain, a expliqué mercredi le président du RTC, Raymond Dion, après l'attribution du contrat par son conseil d'administration.
Alors que le transporteur public avait réservé 24 953 000 $ pour la mise en place d'un SAEIV, le fournisseur français a proposé de s'en occuper pour 13 320 980 $. Cela inclut le matériel, le logiciel, 50 bornes d'information client, l'implantation et le service client pendant 10 ans.
Inéo Systrans était pourtant seul au fil d'arrivée puisqu'une des trois soumissions ouvertes provenait d'une firme n'ayant pas passé l'étape préalable de la qualification, tandis que l'autre proposition a été jugée non conforme.
M. Dion s'est avoué surpris par la soumission déposée par Inéo Systrans. «Ils voulaient absolument mettre le pied en Amérique. On a vu les [dirigeants] déjà dans des expositions et ils nous ont dit : on va avoir un prix pour rentrer. Probablement que le deuxième après nous autres n'aura pas la chance d'avoir un prix aussi remarquable», a expliqué le président du RTC.
Celui-ci est convaincu de signer avec un «excellent partenaire», une entreprise «très présente en Europe, là où se fait la vraie compétition» pour les SAEIV. La plupart des grandes villes canadiennes sont déjà équipées de systèmes comparables, mais avec d'autres fournisseurs, dont certains sont fournis par des entreprises nord-américaines.
M. Dion ne craint-il pas une mauvaise expérience, comme dans le cas des Écolobus, ces minibus électriques retirés des rues de Québec à cause d'épisodes successifs de surchauffe des batteries? «C'est une technologie éprouvée. Ils [Inéo Systrans] sont dans 300 autres villes. Ce n'est pas comme l'Écolobus, on n'innove pas», a-t-il répondu du tac au tac aux journalistes.
Les SAEIV permettent de suivre tous les autobus en temps réel grâce à la technologie GPS et d'informer conséquemment les clients de l'heure de passage exacte à un endroit précis. Cette information peut être diffusée dans les autobus grâce à des écrans, sur des panneaux à affichage variable aux arrêts et peut aussi être accessible à partir d'un ordinateur ou d'un téléphone intelligent.
Les gestionnaires du réseau peuvent également se servir des données pour mieux planifier les horaires et les routes et apporter immédiatement des correctifs en cas de problèmes.
«Vous allez savoir que votre bus, ou votre tram si ça en vient là, il va être au coin de telle rue et de telle rue dans combien de minutes», résume Raymond Dion, convaincu que l'avenir du transport en commun s'en trouvera complètement transformé.