Les enquêtes sur les suicides, dont la liste s'allonge, consistent en des examens techniques qui cherchent à déterminer si les politiques ou les pratiques militaires ont contribué à ces décès d'une quelconque façon.

Suicides de militaires: un cri du coeur qui porte fruit

«Si ma sortie permet de sauver une seule vie de militaire, ce sera déjà beaucoup...»
Le soldat Marc Perreault en avait gros sur le coeur, mardi, quand il a appris qu'un militaire du Royal 22e Régiment, Alain Lacasse, s'est vraisemblablement enlevé la vie à son domicile, plus tôt cette semaine. Un autre militaire de Valcartier s'est aussi donné la mort en décembre dernier.
Tel que rapporté dans Le Soleil de mercredi et sur notre site Web, M. Perreault a diffusé une vidéo percutante sur son profil Facebook dans laquelle il exhortait ses frères d'armes à parler de leurs problèmes quand ils broient du noir, au lieu de passer à l'acte. Il y avait même publié son numéro de cellulaire, à l'attention de tout militaire isolé qui ne sait pas à qui jaser de ses démons. La vidéo a fait jaser sur la base de Valcartier, assure l'homme qui détient une expérience de 24 ans au sein des Forces armées canadiennes. Un soldat en détresse l'a même joint par Facebook.
«Notre discussion n'a duré que quelques minutes, explique M. Perreault. Il devait m'appeler, mais il ne l'a toujours pas fait. Si mon intervention a permis à cette personne de parler un peu et d'éviter un autre drame, mon intervention n'aura pas été vaine.»
Au cours de sa carrière, M. Perreault a été déployé au front à différentes occasions, dont en Bosnie et en Afghanistan. Il a travaillé comme parachutiste et au sein de l'infanterie. Aujourd'hui, il traîne les lourdes séquelles physiques de tous les entraînements et de toutes les missions. C'est d'ailleurs sa condition physique qui fait en sorte qu'il quittera bientôt l'armée.
«Moi aussi, j'en ai eu, des passages difficiles. Quand tu vois des gens de 60, 70 ans qui peuvent faire des affaires que toi, tu peux plus faire, ça frappe. Je n'ai pas eu d'idées noires, mais je sais que le rythme de vie militaire peut avoir un impact sur nous et sur les familles. C'est pour cela qu'il ne faut pas hésiter à parler à nos frères d'armes de nos problèmes.»