«On dit que c'est un débat de société, mais c'est quoi un débat de société? La seule façon est d'asseoir tout le monde à la table», affirme Ghislain Leblond.

Suicide assisté: pour des solutions au-delà de l'émotion

Si Ghislain Leblond partage son souhait d'avoir un jour recours à de l'aide médicale pour mourir, c'est aussi parce qu'il a une idée concrète de la façon dont devrait se faire le débat au Québec. Sa solution: asseoir à la même table toutes les parties le temps d'une sorte de super-commission dirigée par un président neutre.
Le groupe aurait comme mandat de sortir une position officielle du Québec sur cette délicate question. Médecins, avocats, spécialistes de soins palliatifs, églises : tous seraient invités à discuter pour de bon et de conseiller le gouvernement. «Il faut aller plus loin que des colloques où chacun arrive avec ses oeillères», illustre-t-il.
Et si la conclusion s'avérait favorable, le procureur général du Québec pourrait décider de ne plus poursuivre les médecins qui acceptent de pratiquer cette aide médicale dite «active». «Ça pourrait se faire sans amendement au Code criminel canadien. Mais ça pourrait forcer la main au Canada», avance M. Leblond.
Deuxième scénario, dit-il, le Canada pourrait reconnaître ce droit et permettre aux provinces d'y adhérer ou non, selon la méthode de «l'opting-in». Une vision bien concrète nécessaire pour M. Leblond qui souhaite aller au-delà de l'émotivité du débat. «On dit que c'est un débat de société, mais c'est quoi un débat de société? La seule façon est d'asseoir tout le monde à la table.»