Steven Guilbeault croit qu'il a démontré qu'il est «pragmatique» et qu'il est capable de travailler avec toutes sortes de monde.

Steven Guilbeault promet de ne pas «faire un Jody Wilson-Raybould» de lui-même

OTTAWA — Le militant écologiste Steven Guilbeault a beau avoir affiché une dissidence sur le pipeline Trans Mountain, il n'a pas l'intention de «faire un Jody Wilson-Raybould» de lui-même sur les questions environnementales.

Alors qu'il sera confirmé candidat libéral dans Laurier-Sainte-Marie dans quelques heures, l'aspirant politicien se fait rassurant : oui, il y a une ligne de parti et il n'a pas l'intention de la franchir trop souvent.

«J'ai travaillé à Greenpeace pendant dix ans. Est-ce que j'étais d'accord avec 100 % des décisions, 100 % du temps? Bien sûr que non. Mais on décide de rester dans l'organisation parce qu'on pense qu'on pense qu'on peut y accomplir plus en y étant qu'en n'y étant pas», soutient M. Guilbeault en entrevue.

Mme Wilson-Raybould, l'ancienne ministre de la Justice, a mené une campagne sans merci contre le gouvernement Trudeau après ce qu'elle considérait comme une rétrogradation au conseil des ministres, relativement à son refus d'obtempérer dans l'affaire SNC-Lavalin.

«Sur le pipeline, j'ai affiché une dissidence, renchérit M. Guilbeault. Après ça, est-ce que je vais continuer de critiquer mon propre gouvernement? J'en doute, mais je vais continuer d'être un militant pour la question environnementale et la question climatique au sein du Parti libéral, qu'il soit au gouvernement ou non.»

Le militant écologiste des 25 dernières années croit qu'il a démontré qu'il est «pragmatique» et qu'il est capable de travailler avec toutes sortes de monde.

Oui, certains partis comme le Parti vert du Canada ou le Nouveau Parti démocratique sont plus ambitieux dans leurs propositions environnementales, mais «en sachant très bien qu'ils n'auront jamais à (les) mettre de l'avant».

«L'exercice du pouvoir exige qu'on fasse des compromis, dit-il. C'est vrai à l'échelle d'un pays, c'est vrai à l'échelle d'une famille. J'ai quatre enfants. Tout le monde n'a pas tout ce qu'il veut 100 % du temps, ça ne marche pas comme ça.»

D'autres critiques sur la CAQ

L'aspirant candidat s'est fait remarquer plus tôt dans la journée, mardi, pour ses attaques répétées sur Twitter contre le gouvernement de François Legault, qui s'oppose désormais à la taxe sur le carbone d'Ottawa.

Pourtant, l'automne dernier, il demandait au premier ministre canadien Justin Trudeau de «tenir son bout» face aux provinces qui refusaient d'implanter un plan de tarification du carbone à l'instar du Québec.

«Je ne suis pas en campagne contre le gouvernement de la CAQ, se justifie M. Guilbeault. J'ai exprimé un certain désarroi, une incompréhension. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement Legault a fait ça.»

Même si les troupes de M. Legault n'avaient «pas grand-chose à dire» sur l'environnement, en campagne électorale, il dit avoir eu l'impression qu'ils se reprenaient en main dans les derniers mois.

«On a vraiment l'impression que ça sort du champ gauche... ou du champ droit, peut-être», estime M. Guilbeault.

Le premier ministre Trudeau sera présent à la soirée d'investiture de M. Guilbeault à Montréal, mercredi soir.