Les personnes handicapées en ont assez que certains ne respectent pas les règles concernant les stationnements réservés.

Stationnements réservés: les personnes handicapées exaspérées

Marie-Andrée Trudel en a ras le bol de voir des voitures qui n’ont pas le droit de se garer dans les stationnements pour les personnes handicapées.

La directrice de l’Association des personnes handicapées de Charlesbourg n’a pas besoin d’aller bien loin.

Juste à côté des bureaux de l’association, deux cases réservées aux personnes handicapées dans un stationnement de la Ville sont très fréquemment occupées par des véhicules qui ne possèdent pas la vignette délivrée par la Société de l’assurance automobile du Québec (et le certificat d’attestation qui l’accompagne).

«Maintenant, je suis habituée, je fais des plaintes», dit Mme Trudel. La Ville Québec avertit les policiers et ceux-ci remettent des constats d’infraction de 100 $ aux délinquants.

Mais le problème ne s’arrête pas là. «On le constate aussi dans les centres d’achat ou quand on sort en groupe avec les personnes handicapées», dit Mme Trudel.

Et ce n’est pas seulement dans la capitale. Partout dans la province, les membres de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) en ont assez de se faire voler leurs stationnements.

Un «laisser-aller»

Le directeur général, Claude Guimond, déplore un nombre insuffisant de cases de stationnement réservées aux handicapés et un certain «laisser-aller» des autorités en matière de surveillance.

Même son de cloche du côté de Moelle épinière et motricité Québec. «Les stationnements sont souvent pris par des personnes qui n’ont même pas de handicaps, disant : “Ah, juste pour deux minutes, il n’y aura pas de problème”», déplore l'organisatrice communautaire au volet défense des droits, Sarah Limoges.

Contraintes de stationner dans des cases régulières — moins larges que des cases réservées —, les personnes handicapées sont parfois forcées de rebrousser chemin. «La personne, elle ne peut même pas sortir de son véhicule», dit Mme Limoges.

Autre problème des cases régulières: le déplacement est plus dangereux. «Une personne en fauteuil roulant est de la grandeur d’un enfant de cinq ou six ans, dit Sarah Limoges. Une voiture qui recule ne la voit pas».

C’est le Code du bâtiment qui régit le nombre de cases qui doivent être réservées aux personnes handicapées dans les stationnements.

Dans son Guide pratique d’accessibilité universelle, la Ville de Québec recommande au moins une case réservée aux personnes handicapées pour les stationnements de moins de 25 cases et 2 % pour les stationnements de plus de 25 cases.

Sinon, la «Ville ajoute des stationnements en fonction des demandes qui lui sont communiquées», indique Stéphanie Gaudreau, porte-parole de la Ville de Québec.

Du côté du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), la surveillance est effectuée à la suite de plaintes reçues de citoyens ou à l’initiative des patrouilleurs, qui peuvent vérifier les stationnements commerciaux, par exemple, indique Mélissa Cliche, porte-parole du SPVQ.