La station de pompage de la rue des Sables, dans Limoilou, produit depuis trois semaines un ronron constant qui tape sur les nerfs de Johanne Doucet.

Station de pompage trop bruyante

Johanne Doucet sait bien que le problème n’affecte qu’elle et quelques dizaines de ses voisins; que le trouble n’est pas menaçant et qu’il y a pire. Mais, après environ trois semaines à baigner jour et nuit dans le bruit causé par la Ville, la résidente de Québec est exaspérée.

«Avant, on n’avait pas ça, c’était silencieux ici», regrette la dame de 68 ans en discutant avec Le Soleil. Puis des ouvriers sont arrivés. Et la sérénité s’est envolée. 

«On l’entend de jour comme de soir; le soir c’est encore plus évident. C’est 24h/24. […] Imaginez six camions Diesel devant chez vous, constamment, qui n’arrêtent jamais», illustre-t-elle. «J’aimerais être sourde plutôt que continuer à entendre ce bruit-là. C’est obnubilant, ça nous suit partout.»

Mme Doucet habite un logement du quadrilatère situé en bordure de la rivière Saint-Charles, entre la rue du Pont et l’autoroute Dufferin-Montmorency. À deux pas de sa porte, il y a la piste cyclable, le sentier, les canards… Et la vue sur un bâtiment rond, sur l’autre rive.

Voilà la source de son malheur : une des stations de pompage de la Ville de Québec qui aspirent le contenu des égouts pour l’envoyer vers l’usine de traitement des eaux usées.

Propriétaire depuis l’été 2001, elle était heureuse dans cet environnement. «J’ai un beau condo. Je suis bien. C’est tellement tranquille. Je me vantais d’avoir une quiétude… Mais ça, ça a commencé à nous tomber dessus.»

C’est que ladite station de pompage de la rue des Sables, dans Limoilou, produit maintenant un ronron constant. Un son qui a l’heur de taper sur les nerfs de Mme Doucet au point qu’elle ne dormirait plus dans sa chambre, plus exposée. «J’ai porté plainte à la Ville.»

L’explication reçue ne lui a pas plu. «La réponse n’est jamais qu’ils vont travailler à régler le problème, c’est toujours qu’ils n’ont pas le choix de continuer à nous faire souffrir».

«On ne subit pas juste la pollution de l’air, on subit aussi la pollution par le bruit. C’est de la torture, c’est comme le supplice de la goute d’eau», s’enflamme-t-elle. «Il n’y a pas pire voisin que la Ville de Québec.»

Pompe arrêtée

Que s’est-il passé pour qu’une station de pompage municipale devienne subitement bruyante? En temps normal, deux pompes électriques discrètes font le boulot, explique une porte-parole, Wendy Whittom. Six autres pompes, Diesel celles-là, peuvent être allumées si le débit d’eau est trop élevé dans les canalisations.

Sauf qu’il fallait remplacer certains tuyaux, poursuit Mme Whittom. Un projet de 1,3 million $. «Pour le besoin de ces travaux, une des deux pompes électriques est hors fonction.»

Puisqu’il y a eu beaucoup de précipitations récemment, la station fonctionne cependant à plein régime. «Les pompes au diésel ont toutes été sollicitées, ce qui n’est pas le cas lors d’un épisode de pluie régulier, alors que les pompes au diésel ne fonctionnent pas systématiquement. Ceci a généré un bruit plus fort que celui qui provient habituellement de la station.»

Avis au voisinage, tant à Limoilou qu’à Saint-Roch, les ouvriers seront à l’œuvre jusqu’à la fin décembre.