Dans une lettre ouverte préparée par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ), 19 signataires et leaders de tous les milieux manifestent leur impatience, estimant que Québec doit se doter d'un «transport collectif moderne» le plus tôt possible.

SRB: tensions entre Québec et Lévis

Les maires de Québec et de Lévis ont vécu mercredi leur première passe d'armes depuis l'élection de 2013 et c'est le thème du financement du service rapide par bus (SRB) qui s'est imposé naturellement.
Régis Labeaume a lancé les hostilités en avant-midi en se montrant prêt à faire cavalier seul dans le projet si Lévis prend du retard à cause d'un référendum.
Le maire de Québec sortait alors d'une rencontre avec le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. «Il m'autorise à vous dire qu'il est absolument intéressé à ce que le SRB se paie 100 % par le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, a relaté
M. Labeaume. On va le savoir après les Fêtes, mais son intérêt est totalement là», a-t-il insisté. 
M. Couillard a confirmé en fin d'après-midi qu'il s'agit d'un «objectif qu'on va poursuivre et qu'on va exprimer». «Nous, notre requête, ça va être que ce soit 50-50. Il y a des règles du gouvernement fédéral qui peuvent s'appliquer et qui font en sorte que ce soit moins de 50 %. On verra. À ce moment-là, il faudra certainement que d'autres payeurs, d'autres bailleurs de fonds interviennent, notamment les municipalités concernées. Mais on veut présenter ce projet-là d'emblée comme un projet important, stratégique», a assuré le premier ministre. 
Il n'en fallait pas plus pour que Régis Labeaume se dise confiant d'obtenir le financement promis par les gouvernements supérieurs pour le projet de plus de 1 milliard $. Tout le contraire de son homologue de Lévis, Gilles Lehouillier, qui craint d'avoir à financer 10 à 25 % du SRB et n'a pas caché qu'il était incapable de le faire. Dans une entrevue à la radio, ce dernier s'est aussi dit prêt à passer au travers d'un référendum si nécessaire. 
Seulement la Rive-Nord
«Il faut bien comprendre : moi, je suis prêt à signer maintenant. Il n'y a pas de référendum à Québec, on part. Moi, c'est maintenant, je ne veux pas attendre après personne, j'attendrai pas après personne», a répliqué Régis Labeaume. 
Celui-ci a même confessé avoir discuté avec le premier ministre d'un montage financier pour un SRB qui serait exclusif à Québec. «J'établis mon prix pour Québec parce que sur la Rive-Sud, je ne sais pas ce qu'il veut. Moi, je l'ai fait [inclure la Rive-Sud] parce que j'avais un avantage, je voulais que tout le monde soit heureux, mais comme là, je sais plus ce qui reste sur la Rive-Sud, s'il veut avoir un référendum, je suis obligé de penser à [notre projet] parce que nous, on est prêts à aller de l'avant», a expliqué le maire de Québec. 
Pas d'abandon à Lévis
En après-midi, Gilles Lehouillier est sorti de ses vacances pour réagir. «J'espère qu'on créera pas deux classes de citoyens et j'ai confiance que le gouvernement du Québec va travailler en ce sens-là. Écoutez, les travaux, à partir du moment où ils sont assumés à 100 %, je vois pas pourquoi ils se feraient juste à Québec», a-t-il commenté. 
Bien qu'il ait émis des réserves ces dernières semaines sur un projet de SRB qui ne serait pas financé à 100 %, M. Lehouillier se réjouit aujourd'hui de la volonté du gouvernement provincial. «Nous, on trouve que c'est une bonne nouvelle, une bonne évolution de la situation.»
M. Lehouillier reconnaît que c'était une «stratégie» de sa part de faire pression sur les gouvernements sur la question du financement et qu'il devait aussi «dire la vérité aux gens» sur ce que Lévis avait les moyens de se payer. «Est-ce que j'ai déjà dit que j'abandonnais l'idée du SRB? Jamais», a-t-il martelé. 
Le maire de Lévis dit ne pas avoir de problème de communication avec M. Labeaume au sujet du SRB. «Je veux pas entrer en conflit avec Régis [...] Ce que je dis à mon collègue Régis, c'est continuons à travailler. Pourquoi on s'arrête?»
M. Lehouillier reconnaît que son collègue de la Rive-Nord a peut-être été irrité parce qu'il a évoqué l'idée d'un référendum sur le SRB. Un outil qu'il est encore ouvert à utiliser, mais pas à tout prix. Un référendum pourrait par exemple être utile «si, in extremis, il n'y avait pas d'entente [de financement] et que le bordel pognait».
Il croit maintenant que le temps est venu pour les deux villes d'établir un plan de match et de présenter le projet dans les moindres détails à la population. «Le SRB, c'est quelque chose qui va se faire. Ça, j'en suis convaincu», a-t-il lancé à la fin du point de presse.
Avec Simon Boivin