André Leroux demande au public d’être aux aguets et de signaler aux autorités la présence de personnes qui ne semblent pas lucides ou qui paraissent en difficulté.

«Soyez attentifs aux gens en détresse à l'extérieur», demande un intervenant

Les jours se suivent et se ressemblent dans les organismes d’aide aux sans-abri, alors que la vague de froid extrême se poursuit sur une bonne partie du pays.

André Leroux, chef d’équipe à l’Accueil Bonneau de Montréal, demande à tout le monde d’ouvrir l’oeil pour repérer les gens dans le besoin.

«Soyez attentifs, il y a beaucoup de gens en détresse à l’extérieur et l’Accueil Bonneau a besoin de vêtements chauds dans les temps froids», souligne l’intervenant.

André Leroux demande au public d’être aux aguets et de signaler aux autorités la présence de personnes qui ne semblent pas lucides ou qui paraissent en difficulté.

«On va s’assurer d’aller les voir. Si elles sont en détresse, on va les inciter à venir vers nos services pour avoir de l’aide», mentionne M. Leroux.

Les organismes font aussi du repérage dans un périmètre donné pour s’assurer que personne n’est en danger, caché dans un recoin d’immeuble.

Samuel Watts, président-directeur général de la Mission Bon Accueil, lance le même message.

«Aider les gens dans la rue, c’est un réflexe tout à fait humain, mais ce qu’on devrait vraiment faire, c’est de les diriger vers une des ressources qui peut vraiment les aider parce que le but, c’est de ne pas garder les gens dans une situation précaire», soutient M. Watts.

D’après le pdg, la Mission Bon Accueil affichait complet, mercredi soir, tout comme plusieurs ressources d’aide aux personnes sans abri, mais on aurait tout de même pu accueillir au chaud tous ceux qui en avaient besoin.

«Ce que j’entends, c’est que même si on est très occupés, on a été capables de sortir le plus grand nombre de personnes sans-abri de la rue. Alors, ça a été un succès au moins hier soir», note M. Watts.

Mesures d’urgence

André Leroux explique que les organismes d’aide sont bien préparés pour cette période de l’année.

Il souligne que les refuges, les ressources d’aide et les policiers planifient leur stratégie d’action avant l’arrivée de décembre en vue de la période de grands froids.

Du 1er décembre au 31 mars, «les organismes entrent dans les mesures d’urgence» à Montréal, précise l’intervenant de l’Accueil Bonneau. Un autobus se promène pour aller à la rencontre des itinérants, l’Accueil Bonneau et les refuges communiquent ensemble et des bilans sont faits tous les mois pour évaluer la situation.

Il reste qu’il y a toute une différence entre une nuit de froid intense et une semaine complète, reconnaît M. Leroux.

Pour venir en aide aux personnes itinérantes, les trois grands refuges montréalais ouvrent leurs portes plus tôt en soirée, et le matin, c’est au tour de l’Accueil Bonneau d’ouvrir ses portes plus tôt pour recevoir la clientèle.

Un service de navette est aussi mis à la disposition des gens qui doivent être déplacés d’un refuge à l’autre faute de place.

«Ils viennent passer la moitié de la journée au chaud. On a du café et des vestiaires», mentionne André Leroux à propos des services offerts par l’Accueil Bonneau.

La Mission Bon accueil garde elle aussi ses portes ouvertes durant la journée et n’oblige pas ses bénéficiaires à sortir au grand froid.