Le Petit Répit, dans le quartier Saint-Sauveur, croule sous la demande et manque de «gardiennes-éducatrices» qualifiées pour répondre aux besoins de plus en plus complexes des familles.

Sous-financé et en pénurie de personnel, Le Petit Répit cessera temporairement ses activités

Vous êtes le parent d’un enfant autiste et êtes en attente de services du CLSC. Celui-ci vous réfère à l’organisme Le Petit Répit pour vous permettre de souffler un peu. Sauf que Le Petit Répit, qui dessert la grande région métropolitaine de Québec, croule lui-même sous la demande et manque de «gardiennes-éducatrices» qualifiées pour répondre aux besoins de plus en plus complexes des familles. Au point où l’organisme doit se résoudre à cesser temporairement ses activités, le temps de souffler lui aussi et de revoir son offre de services.

«À compter du 13 avril 2019 à minuit, Le Petit Répit cessera temporairement ses activités pour deux ou trois mois. Le conseil d’administration et les gestionnaires travailleront à revoir l’offre de service afin de mieux répondre aux demandes des familles et voir comment diminuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit actuellement», explique l’organisme sur sa page Facebook et sur son site Internet, tout en soulignant que la fermeture est temporaire.

Le Petit Répit, dont les bureaux sont situés dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, précise que jusqu’au 13 avril, les répits qui étaient prévus auront lieu, mais qu’aucun autre ne sera planifié après cette date. Il invite les familles à téléphoner à l’organisme, à suivre sa page Facebook ou à consulter son site Internet pour connaître la date de réouverture.

Au bout du fil, la directrice générale de l’organisme fondé en 1996, Anne-Lise Mercier, explique faire face à deux enjeux : la difficulté de recruter du personnel qualifié — et de le retenir — et l’augmentation des demandes de répit. «Des familles nous disent qu’ils ont appelé au CLSC, et que le CLSC les ont référés au Petit Répit. Sauf qu’on n’est plus capable de répondre à la demande», résume Mme Mercier, qui ne cache pas être au bord de l’épuisement. 

«Je pense que les CLSC souffrent aussi d’un manque de ressources. Ils sont débordés, ce qui fait que dans le communautaire, on se retrouve avec des surréférences. On n’est pas tout seul à vivre ça. Beaucoup d’organismes sont dans la même situation, à risque eux aussi de ne plus pouvoir répondre à la demande», observe Mme Mercier. 

Salaires peu compétitifs

La directrice générale du Petit Répit note que la clientèle s’est alourdie au fil des ans. «Sur les 500 familles qu’on a aidées cette année, 71 ont un enfant qui a un trouble du spectre de l’autisme», illustre-t-elle. D’où l’importance pour l’organisme de pouvoir compter sur du personnel qualifié. «Mais parce qu’on est sous-financé comme organisme communautaire famille, on n’est pas en mesure d’offrir des salaires compétitifs. Nos gardiennes-éducatrices nous quittent pour aller travailler ailleurs, où le salaire est plus intéressant. Je ne peux pas leur en vouloir, je les comprends», dit Anne-Lise Mercier.

Dans les prochaines semaines, Le Petit Répit, qui compte entre 20 et 25 salariés, reverra l’étendue de son offre de services. «On dessert actuellement un très large territoire [qui couvre les villes de Québec, de L’Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin de même que les MRC de la Côte-de-Beaupré, de l’Île d’Orléans et de la Jacques-Cartier]. C’est un défi de se déplacer aussi loin. On va également devoir réfléchir à la poursuite ou non de notre service 24 heures sur 24», précise Mme Mercier. 

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LE PETIT RÉPIT EN CHIFFRES

  • Entre décembre 1996 et mars 2018, Le Petit Répit est venu en aide à 5109 familles
  • L’organisme a travaillé auprès de 6921 enfants de 0 à 5 ans et 3264 enfants de 6 à 17 ans
  • 1 595 familles ont demandé de l’aide parce qu’un enfant avait des besoins spéciaux et 371 autres parce que des jumeaux ou des triplés venaient de naître
  • Une moyenne de 6200 heures de bénévolat par année est nécessaire pour maintenir l’offre de soutien 24 heures/24 et 7 jours/7
  • 127 659 heures de présence au domicile ont été nécessaires pour soutenir ces familles