La Défense nationale a accepté l’utilisation de la pierre américaine Pennsylvania Bluestone pour restaurer une partie de la Citadelle de Québec plutôt qu’une pierre de type Grès vert de Sillery de couleur et de texture correspondante à celles des pierres à remplacer et présentes en grande quantité dans la région de Lévis.

Sortie contre la pierre américaine pour la Citadelle

«Il faut respecter la règle de l’art, en utilisant la même pierre qu’à l’origine.» Voilà ce qu’a affirmé le professeur de l’Université Laval, Robert Ledoux, concernant la volonté de la Défense nationale d’utiliser la pierre américaine Pennsylvania Bluestone pour restaurer une partie de la Citadelle de Québec.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le député de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis, Steven Blaney, M. Ledoux a exprimé sa préoccupation face aux risques encourus pour la structure de la Citadelle si la Défense nationale persiste à vouloir utiliser une pierre différente de celle d’origine.

«Le danger d’utiliser une pierre ayant des propriétés différentes de celle d’origine, c’est que si vous les mettez en contact, la nouvelle va davantage absorber l’eau durant les grandes averses. En raison des cycles de gel et de dégel que l’on vit au Québec, la pierre peut s’égrainer et ne plus supporter la structure», a-t-il expliqué.

Robert Ledoux indique qu’avec la structure de la Citadelle, le risque d’effondrement est plus que probable.

Par ailleurs, il se questionne sur la raison principale ayant motivé l’achat de cette pierre américaine considérant que celle d’origine est présente en grande quantité dans la région de Lévis.

«À qui cela profite?»

Du côté de Steven Blaney, il entend continuer à interroger Justin Trudeau sur la raison qui pousse le gouvernement fédéral à investir dans cette manière «inadéquate» de préserver un bâtiment patrimonial. 

«On voit qu’en prenant une pierre avec une plus grande porosité, la Citadelle devient vulnérable et cela augmente le risque d’effondrement. Autrement dit, on investit pour acheter du trouble, c’est ça qui se passe», a ajouté Steven Blaney.

Ce dernier a souligné qu’il n’est pas trop tard pour faire marche arrière dans ce dossier, et que cela représenterait une avenue moins coûteuse que l’utilisation d’une pierre pouvant détériorer la structure du bâtiment. 

Lors d’un débat à la Chambre des communes, Justin Trudeau a répondu au député conservateur que «le soumissionnaire est tenu de respecter les lignes directrices, afin de garantir que le statut de l’UNESCO sera respecté et maintenu».

Radio-Canada révélait en début de semaine que la Défense nationale a accepté la soumission d’une compagnie américaine pour rénover une partie de la Citadelle.

Une décision contestée par Martin Anctil, l’ingénieur-géologue responsable du projet. Ce dernier a répété que le Grès vert de Sillery devait être la pierre utilisée pour la restauration, mais que la Défense nationale a décidé d’aller de l’avant avec l’offre du plus bas soumissionnaire. 

M. Anctil a indiqué que la Pennsylvania Bluestone ne respectait pas les critères de l’appel d’offres. Celui-ci exigeait un «grès […] de couleur et de texture correspondante à celles des pierres à remplacer, de type Grès vert de Sillery et extrait sans dynamitage», a expliqué l’ingénieur à Radio-Canada.