Quelques dizaines de manifestants ont marché jusqu’à la «zone de libre expression» pour exprimer leur désaccord sur les impacts de la tenue du G7 dans Charlevoix.

Première manifestation anti-G7 à La Malbaie

Une première manifestation citoyenne se tenait dimanche à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, en prévision de la tenue du G7, les 8 et 9 juin prochains.

Quelques dizaines de personnes ont manifesté contre la venue des plus grands chefs d’état au Québec d’ici quelques jours à peine.

L’initiative avait été lancée la semaine dernière par le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec-Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12). Le Centre-Femmes aux plurielles participait aussi à l’organisation du rassemblement.

Le groupe s’est réuni un peu après midi au Quai Casgrain, sur le Boulevard de Comporté, dans la petite ville de La Malbaie. La marche a pu commencer vers 13h30 pour se rendre jusqu’à «la zone de libre-expression». Les manifestants ont ensuite formé une chaîne humaine près de la clôture, pour finalement prendre la parole lors d’un «micro-ouvert» (ou open mic). 

«Il faut comprendre que la tenue du G7 n’est pas sans impact pour la population et pour la région qui porte le statut de réserve mondiale de la Biosphère», explique l'organisation du Centre-Femmes aux plurielles par voie de communiqué, dimanche. 

Dans un contexte d’austérité économique, les grandes sommes associées à la tenue du G7 paraissent «aberrantes pour de nombreux d’entre eux qui se sentent préoccupés par l’état du système de santé et écopent du phénomène du trou noir de l’assurance-emploi», ajoute le centre. 

Dans Charlevoix, la route 362 ne sera accessible qu'aux détenteurs d'une accréditation pendant plus d'une semaine, lors du G7. Une injustice qui implique plusieurs détours pour les résidents locaux, ajoute-t-on. 

Pacifique 

De son côté, le RÉPAC avait d’ores et déjà annoncé que le rassemblement n’allait en aucun cas être violent, en plus de fournir l’itinéraire complet de sa marche aux forces policières au préalable. 

Sur les réseaux sociaux, les membres du regroupement affirment manifester «parce que les pays-membres du G7 refusent de prendre les mesures nécessaires pour enrayer les paradis fiscaux, privant ainsi la population des ressources monétaires essentielles au financement des services publics et des programmes sociaux».

Les pays-membres du sommet imposent de plus des réformes néolibérales et des mesures d’austérité depuis plus de trente ans, aux dires du groupe, qui détruisent notre filet social et accentuent les inégalités économiques. Cela aurait pour effet d’affecter encore plus «durement» les droits des femmes et des enfants dans le monde. 

Dans une autre publication, le RÉPAC affirme s’indigner du fait que tous les pays-membres exportent également des armes à l’échelle du globe sans pour autant se soucier «des populations victimes des conflits armés».

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UNE FOULE D'ENJEUX

Le Centre-Femmes aux plurielles estime qu'il demeure très facile de remarquer, actuellement, que le paysage charlevoisien a été modifié pour le sommet international. L'installation d'une barrière, notamment, de plusieurs tours de télécommunication et d'une prison temporaire le prouve, aux yeux de l'organisation.

«L’impact environnemental d’accueillir autant de personnes dans la région, citons en exemple la réserve d’eau potable et des déchets générés, font également partie des préoccupations citoyennes», ajoute-t-on. 

Les manifestants ont exprimé le souhait, lors de ce rassemblement, de profiter de leur tribune pour évoquer de grands enjeux entourant le G7. Parmi ceux-ci, on cite le caractère antidémocratique et non-transparent du sommet, la déréglementation, la répression politique, la limitation au droit de manifestation pacifique ou encore les sommes trop «exorbitantes» liées au sommet.

Les 600 M $ d'investissements auraient pu être investis à même les services publics et les programmes sociaux, argue le comité.