La présence policière se faisait déjà bien sentir au centre-ville, jeudi. Plusieurs exercices d’escorte, tant du SPVQ que de la SQ ont été observés.

Niveau d'alerte «modéré» maintenu à une semaine du G7

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) maintient le niveau de risque à «modéré» à une semaine de la première manifestation anti-G7 et confirme que plus de 1000 policiers seront mobilisés dans la capitale pour éviter les débordements les 7, 8 et 9 juin.

Le SPVQ a fait le point jeudi sur les rassemblements militants prévus à Québec en marge du sommet international qui, rappelons-le, est tenu à La Malbaie les 8 et 9 juin. Les policiers de Québec ont jusqu’ici eu confirmation que trois manifestations auraient lieu sur leur territoire. Soit les trois déjà ébruitées dans les médias.

Réjean Pleau, inspecteur au SPVQ, a appelé à la collaboration des groupes de manifestants à l’occasion d’une conférence de presse. Un seul de ces groupes a pour l’instant remis officiellement son itinéraire, tel que le demande le Règlement sur la paix et le bon ordre de la Ville de Québec. Il n’est jamais trop tard pour le faire et des discussions peuvent avoir lieu jusqu’au jour même de chaque événement. 

M. Pleau a assuré que des agents ont la responsabilité de prendre contact en amont avec les organisateurs des manifestations et que d’autres scrutent les réseaux sociaux en quête d’informations sur les préparatifs. Toujours dans le but d’ajuster les ressources policières et de «protéger les manifestants», dit-on. 

Le SPVQ a de plus confirmé jeudi que 1000 policiers — soit tout l’effectif — seront prêts à réagir sur le terrain. Et probablement plus, puisque la Sûreté du Québec (SQ), la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Service de police de la Ville de Lévis et le Service de police de la Ville de Montréal seront disposés à prêter main-forte à leurs confrères de la capitale.

Déjà des patrouilles

La présence policière se faisait déjà bien sentir au centre-ville, jeudi. Plusieurs exercices d’escortes de dignitaires et de patrouilles à moto, tant du SPVQ que de la SQ, ont été observés dans le Vieux-Québec, au Château Frontenac et devant le parlement. 

Certains délégués seraient déjà arrivés à Québec ou s’apprêtent à le faire. Le Soleil a pu observé quelques véhicules de fonction, notamment à l’hôtel Le Concorde, où la délégation américaine serait logée. Ne pensez toutefois pas y voir le président Donald Trump, qui atterrira à Bagotville pour se rendre à La Malbaie, comme tous les autres chefs d’État.

La direction du Concorde s’est par ailleurs fait taper sur les doigts par les autorités, a-t-on appris jeudi. Elle aurait trop parlé lors d’une entrevue accordée en avril au réseau TVA concernant la présence des Américains, qui auraient loué 300 chambres pour 10 jours. Des détails avaient été donnés sur la prévention et les conseils prodigués par la GRC. Il a été impossible, jeudi, de savoir si les plans des Américains avaient changé depuis.    

Groupuscules attendus

Concernant les trois manifestations prévues de jeudi à vendredi, l’inspecteur Pleau a dit s’attendre à ce que «des groupuscules» intègrent les rassemblements pacifiques, mais n’a pas précisé si les autorités détenaient des informations solides en ce sens pour des «raisons stratégiques». 

Le SPVQ n’avait toujours aucune recommandation à faire aux commerçants qui se retrouveront près des manifestations. M. Pleau a dit qu’il fallait simplement faire preuve de jugement et donc de ne pas laisser des projectiles dangereux à la disposition des éventuels casseurs. La décision revient toujours aux propriétaires d’ouvrir ou non leurs terrasses.

«Il y a des choses qui sont clairement menaçantes. L’interbloc [briques], c’est menaçant. On l’a vécu lors des différentes manifestations qu’on a eues, les émeutes de la Saint-Jean-Baptiste, on a été victime de tout ça. Le reste, on demande simplement la collaboration des citoyens ou des commerçants pour essayer de sécuriser leurs lieux. C’est pas juste le fait de tirer ça [les chaises ou les tables] sur les policiers, c’est qu’ils vont avoir une perte aussi. Ils vont se faire voler leur matériel ou il va être brisé.»