Le député Gérard Deltell (à gauche) a souligné que malheureusement, selon lui, des «gredins et des vils coquins» peuvent faire dérailler des manifestations qui se déroulent dans l’ordre.

Manifestez «dans l’ordre» au G7, disent des élus conservateurs

Les conservateurs fédéraux de Québec ont appelé dimanche à se faire entendre de manière pacifique et ordonnée lors des manifestations contre le G7, prévues la semaine prochaine dans la capitale.

La rencontre spéciale était tenue au bureau du député de Beauport-Limoilou Alupa Clarke, tôt en avant-midi. Également sur place, Pierre Paul-Hus (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles), Sylvie Boucher (Beauport—Côte-de-Beaupré—Île d’Orléans—Charlevoix), Joël Godin (Portneuf-Jacques-Cartier) et Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent) ont parlé d’une même voix pour passer un message aux manifestants. 

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«On pense qu’il est essentiel que les gens puissent faire entendre leurs doléances et leurs joies face au G7 et les enjeux qui y seront discutés, mais on demande aux manifestants de ne pas perturber la vie de tous les jours des résidents de Beauport, de manifester dans la paix et dans l’ordre», mentionne d’emblée M. Clarke, en point de presse.

«Malheureusement, par expérience, on sait que des gredins et des vils coquins peuvent faire dérailler des manifestations qui sont correctes», a prévenu Gérard Deltell à ce sujet. 

Son collègue, Pierre Paul-Hus, affirme que jamais les conservateurs n’ont voulu faire de la sécurité un enjeu partisan. «Politiquement, on ne veut en aucun cas jouer avec ça, ce n’est pas l’objectif, explique-t-il. C’est le bien-être des citoyens qui compte d’abord.»

Le problème, ajoute-t-il, n’est pas de tenir ces manifestations «100 % démocratiques et nécessaires», mais bien de laisser la place aux casseurs. «Tout le monde le sait, ce sont eux le problème, sauf que les lois ne permettent pas d’empêcher quelqu’un d’arriver avec un sac à dos de briques, par exemple. C’est une fois qu’il s’en sert que là, on peut agir.»

Lors du G7, la semaine prochaine, les conservateurs souhaitent de plus «réaffirmer leur soutien» aux forces de l’ordre en plus d’agir sur le terrain pour minimiser les risques de débordements. 

«Trou noir» régional

Sylvie Boucher, qui est également responsable conservatrice des Affaires rurales et du développement économique pour les régions du Québec, est revenue sur un aspect parfois oublié de la tenue d’un G7 : le trou noir de l’emploi créé actuellement dans la région de Charlevoix.

«Il y a tout le côté glamour qu’on voit partout, mais aussi, il y a des gens qui, sur le terrain, ne travaillent pas en ce moment à La Malbaie. Ces personnes-là, elles s’attendaient à avoir une compensation financière qui n’est pas au rendez-vous pour le moment», déplore la députée.

Elle affirme avoir posé «plusieurs questions» à ce sujet au premier ministre Justin Trudeau cette semaine, sans obtenir de réponses claires. «Je pense que la population a le droit de savoir s’il y aura du dédommagement après coup», indique-t-elle, demandant au gouvernement en place de fournir plus de détails aux communautés locales.

Branle-bas de combat utile?  

«Ce que moi je déplore, c’est qu’on aurait dû donner l’heure juste aux gens de Charlevoix, leur dire sans détour que pendant cette période, il y aurait probablement beaucoup moins d’emplois pour les gens de chez nous», renchérit-elle. 

La donne a bien changé depuis dix ans, selon elle, en ce qui concerne des grands rassemblements diplomatiques. «Ça va de soi maintenant : il y a des manifestations et des impacts, ajoute-t-elle. Il faut que le gouvernement soit apte à donner les bonnes informations, parce qu’en ce moment, on a des travailleurs en attente qui sont de plus en plus déçus.»

Questionnée à savoir si tout ce branle-bas de combat vaudra ultimement la peine, Mme Boucher a préféré «attendre à lundi prochain» avant de formuler une réponse claire. «Je vais vous le dire à ce moment-là. Chose certaine, les retombées économiques, elles ne sont pas là maintenant, mais elles y seront peut-être d’ici six mois.»

À ce sujet, celui qui agit aussi à titre de porte-parole de l’opposition en sécurité publique, Pierre Paul-Hus, rappelle que les 12 500 personnes qui seront accueillies dans les régions de Québec et de Charlevoix «auront tout de même des impacts positifs, d’un point de vue économique».

Actuellement, le problème demeure relativement difficile à évaluer d’une perspective sociale, selon lui. «Il y a des revenus qui auront des retombées sur une entreprise, certes, mais pas sur des employés qui ne seront plus nécessaires. C’est ça, la problématique.»

INDEMNISATION: AMBIGUÏTÉ PERSISTANTE, DÉNONCENT DELTELL ET GODIN

La rencontre spéciale était tenue au bureau du député de Beauport-Limoilou Alupa Clarke.

En fin de rencontre, Joël Godin et Gérard Deltell ont pris la parole pour dénoncer l’ambiguïté autour des questions d’indemnisation lors du G7. 

«On se doit de pouvoir accompagner les citoyens et les entreprises s’il y a de la casse, tranche le député de Portneuf-Jacques-Cartier. On demande au gouvernement d’être proactif. Il y a un plan, mais il est mal défini, il n’est pas clair. Après tout, quand la visite est partie, il faut savoir faire le ménage et réparer les pots cassés.»

Il revient au gouvernement libéral d’assumer la responsabilité de tous les bris éventuels, selon lui, ayant lui-même «provoqué» ces possibilités à la base. 

En chambre il y a deux semaines, à Ottawa, Gérard Deltell affirme avoir aussi posé la question au premier ministre Trudeau, mais n’avoir pu obtenir de réponses éclairantes. «Même dans sa rencontre à Charlevoix, il n’a pas été clair pour les gens de Québec», indique le député.

Celui-ci affirme également que le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a été «très flou» dans ses éléments de réponse sur le même sujet, lors d’une entrevue accordée à la radio FM93 à Québec. 

Ce sont pourtant les citoyens de Québec, ajoute-t-il, qui risquent de recevoir les dommages collatéraux les plus «désagréables», n’étant pas dans un secteur sécurisé du G7. «On est très préoccupés par ça, on va demander des comptes au gouvernement, et on va être très vigilants sur les dépenses», conclut-il.