Notre journaliste David Rémillard en pleine conversation avec des élèves de sixième année de l'école Félix-Antoine-Savard, à La Malbaie.

Le G7 vu par les enfants de La Malbaie

LA MALBAIE — Seulement l’affaire des adultes, le G7? Les jeunes de La Malbaie vous diront le contraire. Certains auraient même deux mots à dire aux grands dirigeants de ce monde, qui se réuniront tout près d’eux, vendredi et samedi, parfois à quelques centaines de mètres de la maison.

La cinquantaine d’élèves de sixième année du primaire de l’école Félix-Antoine-Savard, rencontrés par Le Soleil mercredi, en étaient à leur dernière période de classe avant de quitter pour un long congé. Conséquence du Sommet du G7, tenu en pleine période d’examens de fin d’année. Comme les adultes, leur quotidien est chamboulé par les mesures de sécurité extraordinaires. Rien pour les empêcher de vivre leurs vies, mais... 

Trop curieux!

Jamais ces jeunes n’ont-ils vu autant de policiers, de militaires et autres agents de sécurité dans leur ville. Même chose pour les équipements qui viennent avec: hélicoptères, aéroglisseurs, ballon-sonde, bateaux, motos, véhicules blindés, véhicules tout-terrains (VTT) et chevaux ont tôt fait d’attirer leur attention.

Édouard a rencontré ce qui lui semblait être «un garde du corps». «Il a dit que lui, pendant le G7, il allait être sur un bateau et qu’il y aurait plein de soldats avec des gros fusils. J’étais curieux, je posais beaucoup de questions. Mais des fois il me répondait qu’il ne pouvait pas me répondre», a relaté l’élève dans ses mots d’enfant.

La situation est d’autant plus cocasse chez Charles, qui a pu s’entretenir avec un agent de la Sûreté du Québec. «Le policier, c’est mon père!» a-t-il lancé avec fierté. Mais impossible d’avoir de l’information privilégiée. «Parce que je pourrais en parler à d’autres, qui pourraient en parler à d’autres, qui pourraient en parler à d’autres, qui pourraient finir dans le journal!»

Des contre...

Les finances publiques semblent être une préoccupation déjà très forte chez ces jeunes de 11 et 12 ans. Parmi les grandes interrogations entendues mercredi, celles des 600 millions $ payés par le gouvernement fédéral pour organiser la tenue du Sommet est revenue plus d’une fois. Jérémy n’est pas passé par quatre chemins. «Je comprends pas pourquoi on dépense des millions [de dollars] pour à peu près une semaine. C’est juste sept dirigeants. Oui, ils sont plus importants, mais c’est juste pour se parler. Ils auraient pu faire ça dans un chalet, le dire à personne, ça aurait pas dérangé», a tranché le garçon, qui aimerait bien avoir l’occasion de le dire à Justin Trudeau au cours des prochains jours. 

«Qu’ils investissent plus pour faire des choses à La Malbaie», a proposé Rosalie, qui croit également, comme d’autres camarades de classe, qu’on aurait pu donner tout cet argent «à des villes, des pays pauvres». La lutte contre la pollution et l’environnement figuraient aussi parmi les priorités.

... et des pour

Si une moitié de classe voyait le G7 d’un mauvais œil, l’autre percevait des avantages. «Ça va nous aider [La Malbaie] avec la popularité, amener de l’argent», a lancé une première élève.

Certains reconnaissent qu’il s’agit d’une expérience unique. «On va sûrement vivre ça juste une fois dans notre vie. Quand même, La Malbaie, c’est assez petit, on est chanceux de recevoir les sept dirigeants», a exprimé Louis-Philippe.

D’autres, comme Marianne, apprécient tout simplement le fait que ça bouge. «Moi, j’aime ça, parce que d’habitude à La Malbaie, il ne se passe pas des choses comme ça.»

Trump l'impopulaire

Si Donald Trump est le plus connu des grands leaders du G7, il n’est absolument pas le plus populaire. Personne n’a osé lever la main lorsque l’auteur de ces lignes a demandé aux élèves s’ils lui étaient sympathiques. Arianne aurait néanmoins une question à lui poser: «Est-ce que c’est sa vraie coupe de cheveux?»