L’artiste a réalisé son œuvre au parc Jean-Paul-L’Allier, dans le quartier Saint-Roch.

L'artiste Wartin Pantois s'en prend au G7

Wartin Pantois a de nouveau frappé dans la capitale dimanche. L’artiste engagé s'en est pris cette fois au G7 en dévoilant une installation urbaine «in situ» sur laquelle est représentée un groupe sélect de sept décideurs génériques qui tournent en rond, «rampant autour des richesses du monde».

Intitulée Le groupe des sept, l’œuvre d’art était exposée ce dimanche au centre-ville de Québec, aux abords du jardin Jean-Paul L’Allier, au coin des rues de la Couronne et de Saint-Vallier Est

L'installation est composée de sept hommes en papier collés directement sur le pavé. Cinq lingots d’or s’ajoutent également au centre de l’œuvre, afin d’illustrer les ressources «convoitées» sur les cinq continents.

«J’ai voulu illustrer l’impression citoyenne que ces sommets à huis clos tournent à vide, que nos décideurs sont plus préoccupés par le pouvoir et l’argent que par le bien-être de la population et l’avenir de la planète», explique le natif de Saint-Roch, peu après son coup d’éclat.

Aux dires de l’artiste, «ils [les décideurs] semblent aussi bien plus intéressés par les mesures de sécurité et leur confort que par la démocratie et l’expression citoyenne, alors que l’espoir est là».

En pâture 

Très conscient du fait que son installation artistique sera rapidement retirée par les autorités — comme ce fut le cas par le passé à plusieurs reprises — Wartin Pantois affirme que l’œuvre est plutôt «donnée en pâture aux représentants de l’ordre établi, qui s’empresseront d’en effacer toute trace».

Il ajoute qu’en réalité, la mort d’une œuvre «est probablement la preuve qu’elle aura été vivante». Dans les dernières années, bon nombre de ses œuvres publiques ont effectivement été détruites ou simplement retirées de l’espace public. 

Parmi celles-ci, mentionnons notamment Santé pour tous, dont les collages incarnant des usagers de drogues avaient été simplement arrachés le même jour, ou même Printemps 2018, une oeuvre représentant une scène d'émeute historique qui avait disparu des murs du Collège Aviron en quelques heures à peine. 

Artiste et sociologue

Pantois se définit comme un artiste en art visuel, sociologue et surtout citoyen engagé. Son travail est notamment connu au Canada, mais aussi en Allemagne et au Portugal, où il est intervenu à quelques reprises par le passé.

«Son travail artistique met en lumière diverses réalités contemporaines occultées. Ses interventions artistiques in situ s’élaborent à partir de préoccupations sociales et de discussions citoyennes», lit-on dans un communiqué transmis aux médias dimanche.

Rappelons que l’artiste travaille toujours de manière anonyme, le but n’étant pas d’attirer les regards sur lui, mais d’inscrire ses réalisations dans les esprits, afin de susciter la réflexion collective et le débat public. 

Le sommet du G7 se tient les 8 et 9 juin prochains à La Malbaie, dans la région de Charlevoix.