Une trentaine de manifestants se sont réunis devant la centrale de police du parc Victoria dimanche, en soutien aux 13 personnes arrêtées pendant le G7.

G7: une vigile en soutien aux manifestants arrêtés

Une trentaine de citoyens indignés par l’ampleur de la répression policière pendant le sommet du G7 à Québec se sont rassemblés dimanche matin devant la Centrale Victoria du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Ils y ont tenu une vigile en soutien aux 13 personnes arrêtées de jeudi à samedi dans la capitale.

«Le G7 se termine, oui, mais il ne se termine pas pour tout le monde, tranche l’instigatrice de l’événement, Marie-Ève Duchesne, en point de presse. Ce qu’on veut exprimer aujourd’hui, c’est notre solidarité avec les personnes qui ont été arrêtées et dénoncer les arrestations qui ont eu lieu.»

Appuyé par quelques dizaines d’autres manifestants, la porte-parole exige la libération immédiate des personnes en question, et souhaite que toutes les charges contre elles soient retirées. «Ce n’est pas parce qu’on donne une charge que c’est nécessairement ce qui s’est passé», ajoute-t-elle. 

À l’image de ce qu’a déclaré le député de Québec solidaire Amir Khadir, samedi, Mme. Duchesne estime que ce qui s’est passé dans les derniers jours à Québec «est une honte pour la démocratie».

«Vous avez vu les images comme moi, vous avez vu l’ampleur de la répression politique et policière qui était présente dans les rues, adresse-t-elle aux journalistes réunis sur place pour l’occasion. Nous, c’est aussi ce qu’on tient à dénoncer aujourd’hui.»

Son groupe a choisi de s’installer devant la Centrale Victoria, dimanche, puisqu’il s’agit d’une cible symbolique, argue-t-elle. «Ils [les manifestants arrêtés] sont passés par ici, et c’est une cible accessible pour qu’il y ait une mobilisation de citoyens et citoyennes indigné(e)s qui veulent dénoncer la répression policière.» 

Pourquoi autant de temps?

Questionnée à savoir comment auraient dû agir les autorités policières en lien avec ces arrestations, celle qui travaille également pour le compte du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste a dit mal comprendre que les institutions en place n’aient pas été prêtes à réagir.

«On avait mis l’ensemble de la machine pour que ça [le groupe de manifestants] puisse être libéré, déplore-t-elle. Le Palais de justice était vidé, les cours municipales étaient prêtes aussi. On se demande pourquoi est-ce que ça prend autant de temps libérer des gens. On pense qu’il y a matière à parler de répression ici.» 

Selon les informations de la Ligue des droits et libertés, qui a publié samedi un sombre bilan provisoire des comportements policiers à Québec, le juge aurait refusé de libérer plusieurs manifestants jusqu’à leur prochaine comparution, en se rendant aux arguments du procureur, comme quoi il y avait risque de récidive.

Une erreur, aux yeux de Marie-Ève Duchesne. «Effectivement, ils auraient pu revenir dans d’autres manifestations. Mais vous avez vu, il ne s’est pas passé grand-chose qui puisse être considérée comme une attaque quelconque, sauf une à la démocratie avec l’ampleur de l’étendue policière.»

La militante anti-G7 souligne, en fin d’entretien, l’imposante «campagne de peur» de l’arsenal policier lors du G7. Selon elle, l’objectif était de contrôler et même d’empêcher les manifestations, ce qui, à ses dires, est une autre preuve flagrante d’une attaque à la démocratie.

Arrêtés «sans motif»

Plusieurs propos rejoignent ceux de Mme. Duschesne depuis la fin du G7. En entrevue avec Le Soleil, samedi, la coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés, Nicole Filion, a notamment soulevé plusieurs questions concernant certaines arrestations et extractions individuelles qui seraient toujours sans motif apparent, selon elle. 

«Nous déplorons cette pratique policière qui, en restreignant la liberté de mouvement sans motif apparent, brime le droit de manifester», a-t-elle dit, en parlant des techniques de sourcières observées au moins deux fois par son groupe.

En félicitant tout de même les policiers de n’avoir procédé à aucune arrestation de masse, la coordonnatrice questionne le fait que des arrestations soient survenue de manière arbitraire. 

«Les policiers faisaient des arrestations ciblées en surgissant brusquement pour intercepter un manifestant sans lui indiquer le motif de son arrestation, tranche-t-elle. On sait que six personnes ont été accusées d'attroupement illégal. Ce n'est rien pour justifier cette façon de faire. Il y a quelque part une forme d'intimidation lorsqu'on se met à plusieurs pour arrêter quelqu'un.»

Certaines personnes mises en état d’arrestation auraient également été victimes de propos injurieux au cours de leur incarcération, selon Mme. Fillion. «Les policiers sont là pour maintenir l'ordre, pas pour exprimer leur opinion», a-t-elle dénoncé.