Habillés comme des ours, hommes, femmes et enfants ont bravé le moins 30 degrés Celsius ressentis.

Solidarité à Sept-Îles: «Il faut qu'ils sentent qu'ils ne sont pas seuls»

La chaleur humaine aura eu raison du froid sibérien, bien installé samedi sur Sept-Îles. Des dizaines de citoyens sont descendus dans les rues pour manifester leur solidarité à la communauté musulmane, durement éprouvée depuis dimanche.
Habillés comme des ours, hommes, femmes et enfants ont bravé le moins 30 degrés Celsius ressentis «parce que ce sont des gens comme nous», a résumé simplement une marcheuse. «Les musulmans font partie de notre communauté. Ils gagnent à être connus et il n'y rien de mieux que l'ouverture pour apprendre à se connaître et vivre ensemble». 
La communauté musulmane de Sept-Îles est estimée à entre 60 et 80 membres. Plusieurs ont évidemment joint leurs pas à ceux des autres. Des Innus aussi étaient du nombre. «On le ressent le racisme, on l'a vécu aussi et c'est déplorable», a expliqué une dame. «Il faut qu'ils sentent qu'ils ne sont pas seuls». 
La courte marche a culminé devant le centre culturel musulman de la Côte-Nord où une minute de silence en mémoire des six victimes de l'attentat de Québec a été observée. La communauté a choisi d'ouvrir grand les portes des lieux, qui ont été la cible des vandales à deux reprises déjà, depuis la fin de la construction à l'automne. 
Les Septiliens ont afflué à l'intérieur. «Cette terrible tragédie démontre que notre société, elle est en danger. Ça ne touche pas juste notre communauté, ça touche notre avenir, le futur de nos enfants et de nos petits-enfants», a dénoncé Nabil Matrajji, grandement touché par le mouvement de solidarité.
«Il faut occuper l'espace, qui est à mon avis trop occupé par un discours de haine», a lancé pour sa part le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, très ému lui aussi. «Il faut nécessairement occuper cet espace, c'est notre responsabilité. Il faut qu'on comprenne que nous sommes une communauté accueillante». La députée de Duplessis, Lorraine Richard, y est aussi allée des paroles d'ouverture. 
Quelques citoyens ont spontanément entonné le refrain de Gens du pays et rapidement, tous se sont mis à chanter. «J'espère de tout mon coeur que tout ça va changer les choses, qu'on va apprendre à se connaître avec amour et respect. J'espère que ces victimes n'auront pas perdu leur vie pour rien», a conclu avec émotions, M. Matrajji.