Au magasin Best Buy de Laurier Québec, la foule était massée devant les portes de la grande surface avant leur ouverture prévue à 13h.

Soldes d'Après-Noël: une cohue civilisée

Dans l’espoir de faire de bonnes affaires, des centaines de personnes ont attendu fébrilement l’ouverture des commerces de la capitale, à l’occasion du Boxing Day, mercredi.

Au magasin Best Buy de Laurier Québec, une foule était massée devant les portes de la grande surface, dès l’ouverture des portes, à 13h. Très vite, les allées se sont remplies de chasseurs d’aubaines. Une scène qui s’est répétée un peu partout au Québec, notamment à la succursale de Chicoutimi, où les téléviseurs semblaient être particulièrement convoités.

«Mon petit-fils en voulait une, mais il n’avait pas d’auto pour venir la chercher. J’ai offert de l’accompagner, c’est son cadeau de Noël. Nous sommes partis d’Alma à 10h ce matin. Je ne suis pas pressé, ça fait deux jours qu’on fête», raconte Claude Ouellette.

Derrière les grilles, les quelque 70 employés du Best Buy se sont motivés à grand renfort d’exclamations, puis ont crié le décompte de 10. Ils sont restés pour accueillir les consommateurs, qui entraient de façon beaucoup plus civilisée qu’on pourrait l’imaginer.

«C’est une excellente journée! C’est différent du Vendredi fou, quand les gens ne sont pas en vacances et qu’ils magasinent les cadeaux de Noël. Là, notre magasin est plein, tout le personnel est sur le plancher, et les gens viennent pour se gâter eux-mêmes», commente le directeur général du commerce d’électronique, Dany Tremblay.

Grosses dépenses

Certains commerces, comme EB Games ou Sports Experts, pouvaient compter une cinquantaine de clients en file devant leurs vitrines. Mais tous n’étaient pas si enthousiastes de se retrouver dans cette frénétique chasse aux rabais, qu’ils soient de 20 ou de 70 %.

«Je ne sais pas pourquoi je suis là, souffle William Simard, avant d’enchaîner plus sérieusement. J’ai besoin d’un nouveau manteau, et comme c’est une grosse dépense pour un étudiant, ça valait la peine d’attendre le Boxing Day.»

Même si les tendances de consommation responsable attirent de plus en plus l’attention, les clients paraissent encore plus préoccupés par les bons prix des produits que leur aspect durable ou écologique, remarque-t-il.

«C’est quelque chose auquel je pense, d’acheter local par exemple, mais ce n’est pas toujours possible de le faire avec mes moyens», confie pour sa part William Dion, venu magasiner avec sa sœur Élizabeth. «Pour venir au Boxing Day, il faut que ce soit important. Je ne viendrais pas juste pour du linge à 30 $!»  Avec Le Quotidien

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ACHETER RESPONSABLE, MAIS PAS À TOUT PRIX

Même les plus responsables des consommateurs sont portés à l’être moins durant le temps des Fêtes, analyse la chercheuse Myriam Ertz de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Contactée à l’occasion du Boxing Day, la professeure de marketing souligne que, même si l’idée de fond de la consommation responsable vise à préserver l’environnement et à contribuer à la société, la motivation première est souvent financière.

«Par exemple, près d’un quart des achats sont des produits usagés, comme des ordinateurs remis à neuf. Avec les sites Internet, l’accès est beaucoup plus facile. Ceux qui le font pour l’aspect environnemental représentent une niche. En réalité, c’est surtout parce que c’est moins cher. Consommer de façon responsable est presque un effet secondaire», indique Myriam Ertz.

Tendance grandissante

Selon la responsable du Laboratoire sur les nouvelles formes de consommation (LaboNFC), il s’agit d’une tendance grandissante. Le concept est très large et inclut tant l’achat de produits écologiques que des pratiques comme la simplicité volontaire. «Ça veut dire d’acheter moins pour soi, mais moins aussi pour les autres. Certaines personnes fuient le temps des Fêtes pour échapper à la spirale de consommation!»

Mais en général, on serait tenté à être plus «indulgent» durant cette période. «En raison de l’ambiance, il y a quelque chose qui se passe. Même ceux qui ont l’habitude d’acheter biologique ou écologique, par exemple, vont se donner le droit de se lâcher. Il y a un mécanisme d’indulgence qui se développe», explique Myriam Ertz. Le Quotidien

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UNE TRADITION LOINTAINE AUX ORIGINES INCERTAINES

LONDRES — Plus qu’une chasse aux aubaines, le lendemain de Noël constitue un jour férié inscrit au Code canadien du travail. Voici un aperçu des théories sur l’origine du Boxing Day, qui est également reconnu comme un jour de fête au Royaume-Uni et en Australie.

Bien que personne ne semble pouvoir expliquer avec certitude comment cette journée en est venue à être désignée comme le Boxing Day, une chose est sûre, cela n’a rien à voir avec la boxe.

La théorie la plus répandue veut que ce nom vienne de la tradition de la Christmas box, cette boîte dans laquelle les membres les plus riches de la société britannique plaçaient autrefois de l’argent et des présents à l’intention des domestiques et des marchands. Cette boîte était vue comme une récompense pour leurs bons services tout au long de l’année.

Certains pensent plutôt que la désignation Boxing Day trouve sa source dans une coutume religieuse d’après Noël, lorsque les églises plaçaient des boîtes devant leurs portes afin d’amasser de l’argent pour les démunis.

D’autres y voient un legs de la tradition navale britannique voulant qu’une boîte d’argent scellée devait être conservée à bord durant les longs voyages pour ensuite être donnée à un prêtre et distribuée aux pauvres si le bateau arrivait à bon port.

Chose certaine, le Boxing Day remonte à bien plus loin que les soldes dans les magasins à grande surface.

Bien qu’un flou persiste autour de ses origines, certains croient que cette fête a vu le jour il y a plusieurs siècles, à l’époque où les serviteurs avaient droit à une journée de repos bien méritée après les préparatifs frénétiques pour les célébrations de Noël.

D’autres estiment que le Boxing Day est encore plus ancien, découlant de la pratique romaine d’amasser de l’argent dans des boîtes — une pratique qui aurait été amenée en Grande-Bretagne par des envahisseurs, puis adoptée par le clergé pour collecter des dons.

Cette tradition a gagné en popularité sous l’ère victorienne et, bien que l’Empire britannique soit maintenant révolu, le lendemain de Noël est toujours célébré dans certaines parties du Commonwealth, dont le Canada, l’Australie et le Kenya.  Associated Press