La subvention n’a cependant pas été versée depuis 2015, privant la STLévis d’environ 4 % de son budget qui atteint maintenant 26,4 millions $.

Société de transport de Lévis: une compensation ou des coupes

La Société de transport de Lévis (STLévis) exige réparation pour l’«injustice» subie dans le dossier des immatriculations. À défaut de quoi elle sera dans l’obligation de sabrer dans les services aux usagers et l’effet se fera sentir dès l’été, prévient son président, Mario Fortier.

«Il faut arrêter de tourner en rond. On a décidé de mettre de la pression. Si le gouvernement n’est pas au rendez-vous, on va prendre les décisions qui vont avec et on le tiendra pour responsable», a lancé M. Fortier, jeudi, en conférence de presse.

Il n’a pas détaillé les scénarios de coupes qui sont déjà à l’étude : «On vous parlera des histoires d’horreur en temps et lieu.» Le ministre des Transports, André Fortin, en sera informé lors d’une rencontre programmée le 30 janvier. 

Le conseiller municipal de Lévis interpellait clairement les libéraux provinciaux, mais il était aussi en réplique à son homologue de Québec, Rémy Normand, président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), qui craignait cette semaine de faire les frais d’une révision du Fonds des contributions des automobilistes au transport en commun. C’est là que sont versés puis redistribués les 30 $ prélevés auprès des automobilistes lors du renouvellement de l’immatriculation des véhicules de promenade. 

Lévis reçoit la moitié des contributions des Lévisiens — l’autre moitié va à Québec —, mais réclame la totalité depuis belle lurette. Le manque à gagner tourne autour de 1,3 million $ par année. Entre 2009 et 2014, le gouvernement du Québec a offert un million $ en compensation en attendant une révision de la formule de répartition. 

La subvention n’a cependant pas été versée depuis 2015, privant la STLévis d’environ 4 % de son budget qui atteint maintenant 26,4 millions $. Les deux changements de gouvernement et le roulement de cinq ministres n’ont pas permis à Lévis de comprendre pourquoi la source s’est tarie. 

«On ne demande pas de l’argent supplémentaire, on demande l’équivalent de l’argent que les contribuables lévisiens paient», a insisté M. Fortier. Celui-ci a répété que Lévis «ne veut pas priver Québec (la Ville) de l’argent qu’elle a» et laisse au gouvernement le soin de trouver la meilleure façon de compenser les sociétés de transport.  

Alors que Rémy Normand soumettait d’autres pistes, comme l’élargissement du territoire de perception aux municipalités environnantes ou l’indexation de la contribution de 30 $ en vigueur depuis 1992, Mario Fortier refuse d’aller dans cette direction. «On parle d’une nouvelle taxation. On ne veut pas aller là-dedans avant d’avoir réglé notre contentieux.»

Enfin, M. Fortier a repoussé les critiques de sous-financement lancées par le RTC. Il a notamment fait ressortir que la contribution de Lévis au budget de sa société de transport a doublé depuis 2010 pour atteindre 12,3 millions $. En proportion, la municipalité assume 47 % du budget cette année, contre 35 % il y a huit ans. «On est dans la bonne moyenne des villes», «sur le target», selon le président de la STLévis.

Au cabinet du ministre Fortin, on nous a confirmé qu’une rencontre allait se tenir «prochainement» sur le sujet, mais aucun autre commentaire n’a été formulé.