La commissaire Marilyn Poitras a annoncé mardi qu'elle quittait son poste parce qu'elle se sentait incapable de mener à bien son mandat selon les paramètres fixés par le gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Sixième départ à l'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées

La démission de la commissaire Marilyn Poitras n'empêchera pas l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées de faire son travail, a affirmé mardi la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, tout en reconnaissant l'existence d'un problème de communication.
Marilyn Poitras a démissionné lundi de son poste de commissaire au sein de cette enquête parce qu'elle se sentait incapable de mener à bien son mandat selon les paramètres fixés par le gouvernement. Elle quittera la commission le 15 juillet.
Cette décision survient peu de temps après le départ de la directrice générale Michèle Moreau, qui a évoqué des raisons personnelles. En tout, six personnes ont quitté depuis la mise sur pied de la commission il y a moins d'un an.
La ministre Bennett dit avoir été rassurée lors d'une rencontre lundi avec les quatre commissaires restantes de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.
«J'ai fait part de mes inquiétudes aux commissaires et j'ai été très impressionnée par le plan de travail qu'elles m'ont présenté», a affirmé la ministre lors d'un point de presse, mardi, précisant qu'elles ont tous les outils pour mener leur travail à terme.
Les commissaires l'auraient assurée qu'elles seraient en mesure de fournir leur premier rapport intérimaire tel que prévu en novembre.
«Nous étions toutes d'accord pour dire que la communication est problématique et qu'elles doivent mieux communiquer leur plan, leur vision, leurs valeurs et la façon dont elles vont s'y prendre pour terminer leur travail», a-t-elle ajouté.
Questionnée sur la nécessité de faire des changements pour mettre fin à cette vague de démissions, la ministre Bennett a rappelé que les commissaires avaient la responsabilité d'organiser leur travail.
«La commission est totalement indépendante, a-t-elle dit. C'est leur décision de trouver des méthodes et un plan pour réaliser leur mandat dans le cadre de référence donné par notre gouvernement.»
La ministre est demeurée évasive sur la possibilité d'augmenter le budget de l'Enquête nationale et de lui accorder une extension.
La commission a jusqu'au 1er novembre 2018 pour fournir son rapport final et dispose d'un budget de 53,8 millions $, mais la commissaire en chef, Marion Buller, a déjà fait savoir que cela ne sera pas suffisant. Aucune demande formelle n'a encore été envoyée au gouvernement fédéral.
Garder le cap
Dans une entrevue mardi, celle-ci a remercié Marilyn Poitras pour son travail et a indiqué que la commission allait être en mesure de tenir les neuf audiences qui doivent avoir lieu un peu partout au pays, dont à Mani-Utenam au Québec, cet automne, malgré cette démission.
«Je veux rassurer les familles et les survivantes que nous allons continuer de travailler pour préparer ces audiences en les écoutant tout en respectant les lois et les traditions autochtones», a dit Marion Buller.
Le gouvernement fédéral devra décider s'il nommera une nouvelle commissaire pour remplacer Marilyn Poitras.
Des militants et leaders autochtones s'inquiètent du déroulement de l'enquête et des communications concernant ses travaux. Une chef du Manitoba est même allée jusqu'à demander la démission de la commissaire en chef la semaine dernière.
Marion Buller a plutôt défendu le travail de la commission en faisant valoir que les commissaires sont soumises à un échéancier serré et qu'elles ont dû tout mettre sur pied en l'espace de quelques mois.