En plus de la tornade de force EF-3, avec ses vents estimés à 230 kilomètres/heure qui ont causé le plus de dégâts, cinq autres manifestations météorologiques violentes ont été recensées dans la région de l'Outaouais par l'équipe d'enquête d'Environnement et Changement climatique Canada.

Six tornades ont frappé l'Outaouais

Un total de six tornades ont soufflé sur la grande région d’Ottawa et de Gatineau, vendredi dernier, a révélé Environnement Canada mardi.

En plus de la tornade de force EF-3, avec ses vents estimés à 230 kilomètres/heure qui ont causé le plus de dégâts, cinq autres manifestations météorologiques violentes ont été recensées dans la région par l’équipe d’enquête d’Environnement et Changement climatique Canada.

Selon le sommaire météorologique publié mardi, un orage violent aurait produit une rafale descendante à Calabogie, vers 16h15 vendredi. Une tornade de force EF-1, avec des rafales à 175 kilomètres/heure, s’est ensuite formée sur Calabogie, et s’est déplacée jusqu’à White Lake. C’est ce même orage violent qui serait à l’origine de la tornade EF-3 qui s’est abattue sur Gatineau et Ottawa.

Trois autres tornades de puissance EF-1 ont sévi dans les environs, sur le territoire québécois. Les secteurs touchés sont Val-des-Bois, le réservoir Baskatong et un endroit boisé au nord d’Otter Lake.

Du côté ontarien, les experts ont observé les traces d’une tornade de force EF-2, avec des vents de 220 kilomètres/heure, qui se serait formée vers 18h à Ottawa et se serait déplacée entre les secteurs Arlington Woods et Greenboro.

Les météorologues ont tiré ces conclusions à partir d’analyses d’images satellitaires et de dommages observés sur les lieux. L’agence fédérale précise que ce rapport demeure «ni complet ni final». Des experts de l’Université Western sont aussi impliqués dans l’enquête.

Le président et chef de la direction de la Croix-Rouge canadienne, Conrad Sauvé, a rapporté que 1500 sinistrés du Québec et de l’Ontario se sont inscrits auprès de l’organisme pour obtenir de l’aide. La Croix-Rouge a fourni un service d’hébergement à 600 personnes, principalement des résidants de Gatineau.

D’après les données fournies par Conrad Sauvé, des dons de 1 561 000$, ont été reçus par son organisation en date de mardi après-midi.

De l’aide fédérale aux victimes?

Le ministre de la Sécurité publique du Canada affirme que le gouvernement fédéral joue un rôle de soutien auprès des autorités provinciales et municipales qui aident les communautés touchées par les tornades de la semaine dernière.

Ralph Goodale a fait la tournée de la communauté ontarienne de Dunrobin, à l’ouest d’Ottawa, mardi, où les résidants sont toujours sous le choc. Le ministre s’est dit frappé par la gravité des dégâts à Dunrobin.

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada se sont rendus dans des zones ravagées par la tornade afin de donner un peu de répit aux forces locales, a indiqué M. Goodale.

Selon lui, le gouvernement fédéral n’a pas fourni d’aide financière parce que la première partie des coûts de réponse et de recouvrement est couverte par les provinces, mais Ottawa interviendra si la facture atteint un certain niveau.

L’aide fédérale à la suite de catastrophes naturelles à grande échelle est déterminée par une formule dans le cadre des Accords d’aide financière en cas de catastrophe du Canada.

Des difficultés pour les alertes

Dans un autre ordre d’idées, les responsables du Système national d’alertes au public, conçu pour envoyer des messages d’urgence sur les appareils mobiles en cas de catastrophe naturelle imminente, reconnaissent avoir connu des difficultés — même si le système aurait contribué à sauver des vies vendredi dernier.

Selon Scott Shortliffe, du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), une centaine d’alertes ont été diffusées à travers le pays depuis le 6 avril, au moment où les avertissements sur les téléphones mobiles ont été ajoutés aux messages radiophoniques et télévisés.

Le système utilise ce que l’on appelle la «technologie de diffusion cellulaire», qui envoie un message à tous les appareils sans fil situés à l’intérieur d’une zone géographique donnée.

«Le problème auquel on est confronté, c’est qu’étant donné que le système est si compliqué et qu’il y a des changements technologiques, de nouveaux appareils sont lancés constamment, ce qui fait que de nouveaux problèmes surgissent», a-t-il admis.

En ce qui concerne les tornades à Gatineau, certains usagers se sont plaints de recevoir uniquement des messages en anglais. Le CRTC soutient que la responsabilité de la langue incombe à la province ou à la municipalité qui envoie l’alerte.