Claude Lévesque lors de son arrestation
Claude Lévesque lors de son arrestation

Six ans et demi de pénitencier pour tentative de meurtre sur son ex-conjointe

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Le soir du 5 septembre 2019, Suzanne* croyait que sa vie allait s’arrêter. Son ex-conjoint Claude Lévesque, qui n’avait jamais levé la main sur elle durant les 15 années passées ensemble, l’a soudain poignardée.

L’homme de 66 ans, sans antécédent judiciaire, a plaidé coupable lundi à la tentative de meurtre et a été condamné à une peine de six ans et demi de pénitencier. Détenu depuis son arrestation, l’homme a encore un peu plus de 57 mois à passer derrière les barreaux.

Le soir de l’agression, Lévesque avait téléphoné à Suzanne en lui demandant de passer le voir pour discuter à leur ancienne résidence, chemin Vanier dans le secteur Saint-Jean-Chrysostome, à Lévis. Les anciens conjoints se voyaient encore de temps en temps depuis que Suzanne avait choisi de partir.

L’homme a saisi un couteau et aurait dit à son ex qu’elle allait mourir et qu’ils partiraient ensemble. Lévesque a asséné plusieurs coups de couteau au thorax de la femme de 49 ans. 

Feignant d’être inconsciente, Suzanne a réussi à s’échapper et à se réfugier chez une voisine pour appeler les secours.  

Claude Lévesque est sorti sur son balcon et a tiré un coup de carabine dans les airs.

Après des négociations, l’homme a pu être arrêté par les policiers de Lévis. Rapidement, il aurait exprimé aux policiers son soulagement que son ex-conjointe soit toujours en vie.

Suzanne a été conduite à l’hôpital pour y soigner trois plaies importantes au thorax. Elle a été hospitalisée durant quatre jours.

Si les blessures physiques sont encore douloureuses, les séquelles psychologiques sont tout aussi vives, a-t-elle expliqué dans la déclaration de la victime sur les conséquences du crime.

Des mois après cette soirée de cauchemar, Suzanne a peur de rester seule chez elle ou de sortir en solo. Elle se sent moins productive au travail et a des problèmes d’insomnie. 

Suzanne a l’impression d’avoir vraiment pu sauver sa vie ce soir-là et elle dit prendre chaque respiration comme si c’était la dernière.

Avant de s’attaquer à son ex-conjointe, Claude Lévesque avait consulté un médecin pour des symptômes d’anxiété et de dépression. 

La procureure de la Couronne Me Mélanie Tremblay et l’avocate de la défense MSophie Dubé ont suggéré de façon conjointe au juge Alain Morand de la Cour du Québec la peine de six ans et demi de pénitencier, une peine qui tient compte, disent-elles, du facteur très aggravant que constitue la violence dans un contexte conjugal.

* Prénom fictif