La directrice générale de l’entreprise QSL pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, Marie-Lyne Morneau, a démontré l’état de détérioration du port de Matane.

Situation d’urgence au port de Matane

MATANE — Si le port de Matane ne subit pas des rénovations bientôt, il risque de ne plus être sécuritaire pour la poursuite des activités économiques de la Ville de Matane. C’est ce qu’affirment les membres de la Coalition urgence port de Matane. L’organisme, qui est animé par des acteurs économiques et politiques, lance un cri du cœur auprès de Transports Canada afin qu’il investisse dans la structure, dont la fin de vie utile est prévue en 2022.

Selon la Coalition, quelque 750 emplois directs et indirects dépendent de ce port commercial, qui génère plus de 78,2 millions $ en contributions du produit intérieur brut de la Matanie. «Une usine comme Rayonier, 80 à 90 % de ses produits passent en exportation par le quai commercial de Matane, fournit en exemple le directeur de l’innovation et du développement de la Coalition urgence port de Matane, Jean Langelier. On a la conviction que le quai est une infrastructure capitale. On veut saisir les autorités de l’urgence de la situation.»

Cédé à Québec

Ce quai de juridiction fédérale a été cédé le 8 août au gouvernement du Québec. Mais, comme le transfert de la gestion et de la maîtrise de la structure n’est prévu que le 30 mars 2020 et sa reconstruction dans les mois qui suivront, la Coalition craint qu’elle ne se soit trop dégradée pour pouvoir être considérée suffisamment solide pour les services portuaires requis d’ici là. 

«C’est une bonne nouvelle qu’on a eue au mois d’août», rappelle M. Langelier. «Mais, ce qu’on attend, ce sont les réparations qui doivent être effectuées sur le quai actuel afin de s’assurer de son utilisation avant qu’il soit reconstruit. C’est un peu l’analogie du pont Champlain. Le nouveau va être prêt en juin 2019. Mais, depuis 10 ans, le gouvernement fédéral s’assure que le pont actuel soit utilisable. Là, on a perdu à peu près 30 % de la surface utilisable et plus de 50 % de la capacité de charge au quai de Matane.»

À l’aide d’un plan, c’est ce qu’est venu démontrer, lundi, la directrice générale de l’entreprise QSL pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, Marie-Lyne Morneau. Les résultats préliminaires d’une nouvelle étude structurale révèlent, selon elle, que la capacité portante de certains secteurs devra être réduite. Dans le pire des scénarios, certaines parties du quai pourraient même devenir complètement inutilisables. 

Au fil du temps, la longueur utilisable est passée de 187 à 147 mètres et sa capacité portante de 50 kPa à 24 kPa. Le résultat de cette situation a fait en sorte que des sections sont maintenant interdites au trafic lourd et à l’entreposage. 

Pire encore, comme des parties n’arrivaient plus à supporter de charge, elles ont dû être condamnées. La Coalition urgence port de Matane appréhende d’autres restrictions au chapitre de la capacité portante et de la circulation.