La semaine dernière, le centre jeunesse de Québec (CJQ) a ouvert ses portes aux journalistes pour mieux faire connaître leurs réalités et tenter de déboulonner quelques mythes tenaces.

«Situation dramatique» dans les centres jeunesse

Les centres jeunesse ne suffisent plus à la tâche. Les intervenants qui voient les nouvelles demandes d'aide s'accumuler sur leur bureau ne sont plus capables d'assurer la sécurité, le développement d'enfants qui ont subi des mauvais traitements, qui ont été négligés ou abandonnés.
C'est le cri d'alarme qu'a lancé la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN, lors d'une manifestation, jeudi midi, devant les bureaux du ministère de la Santé situés sur le chemin Sainte-Foy à Québec.
«La situation est dramatique. C'est pas loin des enfants de Duplessis, ce qu'on vit actuellement et ces enfants sont dans l'ombre. Il y a des milliers d'enfants placés dans les centres d'accueil, les foyers de groupes, qui vont vivre de multiples déplacements», a déploré Line Beaulieu, vice-présidente de la FSSS.
«Depuis 2006, il y a une moyenne de 5000 signalements de plus par année et les budgets ont diminué. Il y a eu une grande augmentation des signalements chez les 0-5 ans. C'est une clientèle très vulnérable et on ne peut pas donner tous les services. On a de la difficulté à faire les évaluations des enfants dans le délai prescrit», a-t-elle ajouté.
À son avis, les listes d'attente dans les centres jeunesse sont trompeuses. «Il y a des listes d'attente voilées. Il y a des intervenants qui ont des dossiers assignés et ils ne sont pas capables de faire le suivi. Sur le plan des statistiques pour le gouvernement, ça paraît bien. Les charges de travail paraissent équilibrées. Dans les faits, les intervenants n'ont pas la capacité de faire tout le suivi», a expliqué Mme Beaulieu.
La fédération syndicale demande au gouvernement Marois un moratoire sur les compressions budgétaires dans les services aux enfants vulnérables, en détresse. On propose également la tenue d'états généraux sur les services donnés aux jeunes en difficulté.
D'autre part, Mme Beaulieu déplore le travail en vase clos des centres jeunesse, des CLSC et des centres de réadaptation. «Il y a quelques cas isolés de plans de services dans des CLSC dans des projets pilotes avec des centres jeunesse. Le Ministère a beaucoup essayé d'instaurer les plans de services personnalisés. Ça n'a pas réussi. Ça fait 20 ans qu'on en entend parler», a-t-elle affirmé.