Mario Dubé, président du regroupement des sinistrés de la rivière Lorette, photographié en 2005 parmi les débris retirés sa maison touchée par les inondations.

Sinistrés de la Lorette: la Ville offre de régler hors cour

Au moment où le tribunal autorise l’action collective du Comité des sinistrés de la Lorette pour les inondations subies en 2013, la Ville de Québec offre une entente à l’amiable pour la première action collective déposée en lien avec les inondations de 2005.

Ces nouvelles informations surviennent après que la Ville de Québec eut annoncé lundi qu’elle retirait son projet de construction de mur anti-crue sur la Lorette. Le maire Labeaume considère la facture de 80 à 100 millions $ rendue trop élevée à la suite de nouvelles demandes du ministère de l’Environnement et du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. M. Labeaume ne veut pas aller de l’avant sans une garantie que les quelque 300 résidences visées par le projet seront retirées de la carte des zones inondables.

Le président du Comité des sinistrés, Mario Dubé, se réjouit que la ville ne «s’oppose plus à sa responsabilité» dans les inondations de 2005. Les citoyens inscrits à cette première action collective devront envoyer prochainement leurs factures liées aux dommages causés. Alors, les pourparlers pourront commencer.

M. Dubé réside lui-même au cœur des inondations historiques d’il y a 12 ans, à l’intersection des rues Saint-Henri et Saint-Eugène, au cours desquelles 500 maisons et commerces ont été touchés. Les dommages à sa résidence s’élèvent à quelque 211 000 $.

Parallèlement à cette démarche, le tribunal a autorisé l’autre action collective pour les inondations de 2013 contre les villes de Québec et de L’Ancienne-Lorette. La première action ne touche que Québec puisqu’il n’y avait pas encore eu défusion.

Dans le camp de la ministre

Le maire Labeaume a confirmé mercredi avoir discuté avec la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, des raisons pour lesquelles son administration abandonne la construction du mur anti-crue. «La balle est dans son camp», a-t-il laissé entendre.

M. Dubé souhaite aussi communiquer avec la ministre. «Je ne me contente pas de me demander qu’est-ce qui se passe si on ne fait pas le mur. On va prendre le temps de discuter du dossier.»

Il comprend la volonté du maire de tenter d’obtenir une garantie pour sortir les citoyens de la zone inondable s’il y a construction du mur. Cependant, il n’apprécie pas d’être pris en otage. «Je trouve ça inacceptable.»

M. Dubé, comme le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, préfère gérer après la construction du mur la redéfinition de la carte de la zone inondable. Selon le président du comité, il n’est pas dans les pratiques du ministère de l’Environnement de définir les cartes avant la réalisation de travaux.