Le métis Simon Pérusse et sa corneille Moko

Simon Pérusse peut garder sa corneille... pour l'instant

Le métis Simon Pérusse, guide au Site traditionnel huron de Wendake, pourra pour l'instant garder Moko, la corneille blessée qu'il a domestiquée. Il devra toutefois contester devant les tribunaux un constat d'infraction de 654 $ qui lui a été remis lundi. Une décision négative signifierait aussi l'euthanasie de l'oiseau qui partage sa vie et son travail depuis six ans.
La rencontre de M. Pérusse avec les agents du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs lundi après-midi l'a laissé avec des sentiments doux-amers. «Ils m'ont imposé cette amende parce que la corneille ne figure pas sur la liste des animaux qu'on peut garder en captivité. Ils me l'ont saisie, mais ils me l'ont ensuite remise en disant que j'étais la meilleure personne pour m'occuper d'elle», raconte le guide au Soleil.
Celui-ci a maintenant 30 jours pour plaider coupable et payer son amende ou la contester. «Si je conteste, je peux garder Moko jusqu'au procès et le dossier sera alors entre les mains du juge. Mais si je plaide coupable, ils m'ont dit qu'ils allaient venir le chercher et l'euthanasier parce qu'il y a trop de corneilles blessées et qu'il n'y a pas de ressources pour s'en occuper», poursuit-il, ajoutant qu'il trouve la situation plutôt paradoxale.
Compliqué
Également, Moko ne pourra plus accompagner M. Pérusse à son travail. «On m'a dit que si quelqu'un apprenait que je l'amenais avec moi, il pourrait considérer que c'est de l'exploitation et là, les agents de la faune pourraient m'accuser en vertu d'un autre article de loi.»
Et pour compliquer encore davantage la situation, le propriétaire du logement où s'apprête à emménager Simon Pérusse refuse maintenant qu'il amène son oiseau avec lui. «Je devrai donc vraisemblablement la confier à un proche en attendant que tout soit réglé», affirme-t-il, résigné.
Celui qui avoue ne pas avoir d'argent pour se payer un avocat espère maintenant que l'appui du public contribuera à faire bouger les choses, notamment avec la pétition en ligne disponible à l'adresse goo.gl/kWZqx3 que plus de 1000 personnes avaient déjà signée lundi.
Simon Pérusse a aussi contacté l'ex-grand chef de Wendake, Max Gros-Louis, qui a lui-même déjà possédé une corneille, un raton laveur et une mouffette comme animaux de compagnie.
«Il m'a dit qu'il ne se donnait pas de permis au niveau provincial, mais qu'il y aurait peut-être une possibilité du côté fédéral», ajoute-t-il en terminant.