L'abandon du projet de logements coopératifs sur l'îlot de l'église anglicane Saint Michael a fait réagir la directrice générale de la SDC Maguire, Annie Verreault, qui affirmé qu'une «cloche de verre» sur Sillery freinait le développement immobilier et refroidissait les investisseurs.

Sillery: la Société de développement commercial «déconnectée»

«En vendant des condos à 600 000 $, ce ne sont pas des jeunes familles qui vont s'installer à Sillery.» Jean-Louis Vallée, président de la Société d'histoire de Sillery, a offert une réplique cinglante à la Société de développement commercial (SDC) Maguire.
La SDC, par l'entremise de sa directrice générale Annie Verreault, affirmait dans Le Soleil de samedi qu'une «cloche de verre» sur Sillery freinait le développement immobilier et refroidissait les investisseurs.
Mme Verreault jetait notamment la pierre aux groupes d'opposition citoyenne mobilisés contre les projets immobiliers. «Il y a toujours un arbre, il y a toujours quelque chose à protéger», a-t-elle déploré. La SDC est allée jusqu'à dire que la vie de quartier était menacée par le vieillissement de la population et la difficulté à attirer de jeunes familles.
«Sillery est loin d'être dans une cloche de verre», a rétorqué Jean-Louis Vallée. Selon lui, des dizaines de projets immobiliers ont été complétés à Sillery ces dernières années, citant en exemple la construction récente de jumelés sur l'avenue Joseph-Rousseau. La SDC Maguire «est complètement déconnectée», s'est-il insurgé.
Selon M. Vallée, les jeunes familles que souhaite attirer la SDC n'ont pas les moyens de se procurer les habitations construites dans le quartier. Les nouveaux projets ciblent «ceux qui ont les moyens et qui font de [bons salaires]. Les familles qu'on veut faire venir, on les a fait fuir depuis longtemps».
«Manque de nuance»
M. Vallée a par ailleurs accusé la SDC de manquer de nuance dans son message. La «cloche de verre» pourrait à la limite concerner les terres patrimoniales de Sillery, qui incluent les grands domaines religieux, classés patrimoine culturel. «C'est sûr qu'on s'oppose souvent pour ces terres-là.» Mais encore là, dit-il, des projets permettant de conserver les bâtiments conventuels dans leur état d'origine sont les bienvenus. «Mme Verreault exagère complètement.»
Même son de «cloche» pour Charles-Robert Dionne, vice-président de la Coalition pour l'Arrondissement historique de Sillery. «C'est faux de prétendre qu'il n'y a pas de nouveaux arrivants à Sillery, ça s'est beaucoup densifié. Il n'y a pas eu de cloche de verre contrairement à ce qu'affirme Mme Verreault», a-t-il avancé. «Et ce n'est pas sur les terres patrimoniales qu'on doit faire de l'étalement urbain.»
Tant la Société d'histoire que la Coalition souhaitent développer un réseau récréotouristique reliant les différents domaines religieux de l'arrondissement historique de Sillery. Un projet qui permettrait d'attirer de la clientèle pour les commerçants du quartier, croient-ils.
MM. Dionne et Vallée sont aussi d'avis que des propriétés conventuelles appartenant aux religieuses pourraient très bien faire l'objet d'une «conversion immobilière pour des jeunes familles dont parle la SDC», à condition que ce soit abordable. Mais pour l'instant, «ce n'est pas le marché qui est visé par ces promoteurs, ce sont les condos de luxe justement pour une population souvent vieillissante que la SDC dénonce».