Monique Plamondon, 86 ans, est poursuivie par Remax 1er Choix après avoir voulu résilier le contrat de courtage signé alors qu’elle était hospitalisée.

Signature de contrats: il faut sensibiliser les aînés, selon l’AQRP

En vieillissant, les personnes qui ont toujours naturellement fait confiance aux gens deviennent encore plus vulnérables. Une vulnérabilité qui les suit lorsqu’ils doivent signer un contrat de vente de produit ou de service, observe l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs publics et parapublics (AQRP), qui croit que les aînés devraient être davantage sensibilisés à cette réalité.

Parce que la cause est devant les tribunaux, le président de l’AQRP, Donald Tremblay, a préféré ne pas commenter le cas précis de Monique Plamondon, cette dame de 86 ans poursuivie par Remax 1er Choix après avoir voulu résilier le contrat de courtage signé alors qu’elle était hospitalisée. En entrevue au Soleil, l’octogénaire a confié avoir eu l’impression de signer «dans l’urgence, une urgence qui ne venait pas de moi». «C’est l’urgence qui m’a déboussolée. C’est allé trop vite. […] J’étais toute seule...» a-t-elle témoigné.

Selon Donald Tremblay, «quand on prend de l’âge, on devient un peu plus vulnérable à la pression». «Cette vulnérabilité, on l’a tous un peu naturellement. Mais en vieillissant, les gardes peuvent être un peu plus baissées» quand vient le temps notamment de conclure un contrat, observe le président de l’AQRP, sans faire référence au cas précis de Monique Plamondon.

Le mieux, c’est de se référer, en cas de doute, à sa famille ou à ses proches aidants. Ou au CLSC, si on est seul. Ou à l’AQRP, si on est membre. «On a une ligne téléphonique à la disposition de nos membres s’ils ont besoin de conseils, d’être orientés ou supportés», précise M. Tremblay.

Le président de l’AQRP souligne que la ligne peut être mince entre l’aptitude et l’inaptitude. «Il y a des zones grises juste avant l’inaptitude, où on est plus vulnérable. […] Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’infantilisation et la déresponsabilisation des personnes», dit-il.

Selon lui, «la prévention, c’est ce qu’il y a de plus efficace». «On pourrait faire des campagnes de sensibilisation sur la signature de contrats, par exemple, disant qu’il vaut peut-être mieux attendre 24 ou 48 heures avant de signer, se donner une marge de manœuvre pour consulter quelqu’un», illustre Donald Tremblay, qui se demande s’il ne faudrait pas aussi se donner des règles de protection légale particulières pour les personnes aînées plus vulnérables.

Pas de commentaires

La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, a fait savoir par l’entremise de son attaché de presse qu’elle ne commenterait pas la situation de Monique Plamondon parce qu’elle ne «commente pas de cas particuliers» et que la cause est devant les tribunaux.

L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) n’avait pas voulu non plus commenter cette affaire pour les mêmes raisons, mercredi. L’organisme, dont la mission est de «protéger le public», avait même refusé de nous dire si elle avait ouvert une enquête à la suite de la plainte envoyée par la famille de Monique Plamondon.