Signature autochtone au port de Québec

Les Hurons-Wendats poursuivent leur offensive pour attirer les touristes et leurs dollars. Cette fois, ils investissent le port de Québec; pour une saison, le terminal de croisières revêt des atours autochtones.
«Un des pôles de notre économie, c'est l'industrie touristique», explique le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui. «On s'est donné comme objectif de profiter de ce marché-là ici à Québec. On pense qu'on est incontournable.»
Depuis plusieurs années, Wendake, au nord de la capitale, développe son produit: hôtel, carrefour artistique, village reconstitué, boutiques, restaurants, etc. D'ailleurs, cette année, un nouveau spectacle sur la culture locale sera présenté à l'amphithéâtre extérieur nouvellement doté d'un toit.
«On est capable d'accueillir les gens et de l'offrir un produit unique et de leur faire voir aussi la beauté, la richesse de nos cultures», se réjouit M. Sioui.
Vendredi, c'est toutefois en bordure du fleuve que la presse avait été invitée. Car pour la saison naissante des croisières, le terminal fera la promotion de Wendake. Ça ressemble à quoi? Des photos couvrent une partie des murs, de la musique traditionnelle est entendue, une oeuvre de plumes descend du plafond, quelques statues d'animaux sont disposées là où les touristes débarquent pour visiter la capitale.
On ne sait pas encore si cette «signature autochtone» convaincra les masses d'acheter un forfait pour visiter Wendake. Mais on souhaite que ceux qui n'étaient pas encore convaincus penchent pour cette excursion.
Le chef Sioui voit cependant une portée plus grande dans cette présence huronne-wendat hors de Wendake. «Je suis ému parce que... Je ne veux pas trop trop m'apitoyer sur notre sort, mais on s'aperçoit au Québec souvent, que contrairement à ailleurs au Canada, on en a que pour soit les Anglais ou les Français. [...] On a peut-être mis un petit peu de côté la question autochtone, la question des Premières nations. Ou on les a dépeints en tant que des victimes ou en dehors de la société. Et maintenant, je suis ému parce que je vois que notre culture, nos valeurs, notre nation, ce que nous représentons est hautement respecté.»
250 000 visiteurs
«On a, bon an mal an, environ 250 000 touristes qui visitent Wendake», enchaîne le vice-grand chef et responsable de l'industrie touristique, Jean Vincent. «Et, depuis quelques années, on a fait beaucoup d'investissements, on a mis en place des infrastructures [...] et des expériences pour permettre aux gens de vivre la culture et l'histoire huronne-wendat.»
Les Hurons-Wendats ne sont pas les seuls à s'investir dans ce champ économique, note le directeur général de Tourisme autochtone Québec, Dave Laveau. «C'est une industrie qui a le vent dans les voiles.»
«Tout près de 70 % des visiteurs qui choisissent le Canada veulent vivre une expérience Premières nations. Ce n'est pas rien. Au final, c'est des retombées dans nos communautés. Et, bien sûr, c'est une façon de démarquer la destination qui est celle du Québec, qui est celle du Canada.»