Trois des 54 places disponibles sont maintenant vacantes à bord du sous-marin qui visitera l’épave cet été, dans le cadre d’une mission de six semaines.

Si vous avez 130 000 $, vous pouvez explorer l’épave du Titanic

Êtes-vous un aventurier qui a 130 000 $ à dépenser? La première expédition habitée à visiter l’épave du RMS Titanic en 13 ans appareillera en juin depuis Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador - et il y a encore de la place à bord.

«Ce n’est pas pour les faibles, mais ce n’est pas non plus aussi épuisant, disons, que gravir une grande montagne ou que parcourir les Alpes à vélo pendant une semaine, comme l’ont fait certains de nos participants», a dit le leader de l’expédition, Stockton Rush.

M. Rush est le pdg d’OceanGate, une compagnie privée installée à Everett, dans l’État de Washington.

Davantage de gens ont visité l’espace que l’épave du Titanic, qui repose par environ 4000 mètres de fond dans l’Atlantique Nord, au large des côtes de Terre-Neuve.

En raison d’un changement d’horaire, trois des 54 places disponibles sont maintenant vacantes à bord du sous-marin qui visitera l’épave cet été, dans le cadre d’une mission de six semaines pour voir dans quel état elle est.

Les sièges à 130 000 $ CAN - ou 105 129 $ US - sont offerts au prix, ajusté pour l’inflation, d’un billet de première classe pour le voyage inaugural tragique du célèbre paquebot. Ils aideront à financer les coûts de la compagnie. Chaque participant passera sept jours à bord du navire de recherche et plongera au moins une fois sur le Titanic.

Chaque plongée emportera cinq personnes et durera de six à neuf heures.

«Nous avons des alpinistes, d’autres se sont rendus jusqu’au pôle Sud, a dit M. Rush. Je crois qu’un type s’est rendu en raquettes jusqu’au pôle Nord. C’est un groupe diversifié, mais je pense qu’ils ont tous en commun leur esprit d’aventure.»

Les participants sont âgés de 23 à 75 ans.

«Ils nous a démontré qu’il est en santé, a indiqué M. Rush au sujet de l’aîné de ces ‘spécialistes de mission’, qui contribueront à l’initiative avec des recherches et de la photographie. Ce ne sera pas une partie de plaisir.»

«Plusieurs de nos participants sont des quinquagénaires ou des sexagénaires», poursuit-il.

Origines multiples 

Les explorateurs proviennent de partout sur la planète, dont plusieurs Américains, Britanniques, Australiens et autres qui viennent d’Asie ou d’ailleurs. Ils doivent suivre un entraînement pour s’échapper d’un hélicoptère tombé à l’eau et être en mesure d’escalader une échelle d’acier de six mètres.

Dix-huit sièges sont encore disponibles pour une expédition similaire prévue en 2019. D’autres pourraient être organisées au cours des années suivantes. M. Rush a dit que des technologies d’imagerie sous-marine sophistiquées permettront de cartographier le Titanic en trois dimensions pour traquer sa décomposition. On veut notamment savoir à quelle vitesse les «rusticles» dévorent l’épave.

OceanGate est un spécialiste des sous-marins habités, mais a construit un nouveau vaisseau spécifiquement pour aller visiter le Titanic.

La coque du «Cyclops 2» est faite de fibre de carbone et de titane pour en alléger le poids. Les premiers essais ont eu lieu près de Seattle au cours des derniers jours, et des plongées plus ambitieuses sont prévues en avril dans les Bahamas.

«Je serai seul à bord pour la première descente à 4000 mètres, a dit M. Rush, un homme de 55 ans. Ça risque d’être intéressant. C’est certain que ça accélère le rythme cardiaque, mais c’est très progressif. On ne descend pas à 4000 mètres d’un seul coup.»

Des plongées de plus en plus profondes s’échelonneront sur une semaine, selon lui. Il éclate de rire quand on lui demande ce qui se produira si un explorateur a besoin d’aller au petit coin.

«Le programme spatial utilise un ‘régime à faibles résidus’, explique-t-il. À l’intérieur (du sous-marin), l’humidité est tellement élevée qu’on ne ressent pas le besoin de boire. Tant que votre système est vide, ça va.»

Le sous-marin sera quand même équipé d’une toilette portative et d’un écran qui offrira un minimum d’intimité, «mais c’est surtout pour empêcher les gens de trop s’inquiéter», dit M. Rush.

Les caméras seront fournies par la firme américaine SubC Imaging.

«Ce qui est disponible aujourd’hui est estomaquant par rapport à ce qu’on pouvait faire il y a 10 ou 12 ans», a dit le pdg Ron Collier.

Les images seront filmées avec le plus grand soin afin de ne pas déranger ce qui est essentiellement une tombe, a-t-il ajouté.

Plus de 1500 personnes ont perdu la vie quand ce paquebot que l’on disait impossible à couler a sombré le 15 avril 1912, à environ 600 kilomètres de la pointe sud de Terre-Neuve.

M. Rush espère que cette expédition sera la première de plusieurs qui visiteront les fonds inconnus des océans.

«On espère que cela éveillera les gens à toutes ces choses incroyables qui peuvent être étudiées et explorées sous l’eau», a-t-il dit.