Un nouveau rapport d'inspection commandé par le ministère des Transports du Québec montrait de nombreux bris dans le pont de Québec, tels que des trous dans la dalle de béton et de la corrosion sur les pièces d'acier, en plus de la peinture à rafraîchir.

«Si on peut culpabiliser encore plus nos amis du CN, ça va nous faire plaisir», dit Labeaume

Bruxelles et Québec - Le maire Régis Labeaume s'est dit parfaitement à l'aise de militer pour une inscription du pont de Québec au patrimoine mondial de l'humanité et, ce faisant, de créer des obligations au CN.
«Si on peut culpabiliser encore plus nos amis du CN, ça va nous faire plaisir», a lancé le politicien, depuis la Belgique où il se trouve en mission. En faisant reconnaître par l'UNESCO le vieux pont, déjà désigné lieu historique national du Canada, la Ville de Québec refilerait à son propriétaire le fardeau de l'entretenir à long terme. «C'est comme un arrondissement historique. Le gouvernement québécois crée un arrondissement historique, la Ville a des obligations pour les infrastructures et les citoyens doivent se soumettre à la loi», a fait remarquer M. Labeaume. Or, il serait surprenant que les gouvernements puissent agir ainsi sans l'accord du propriétaire, le CN, selon une experte du patrimoine consultée par Le Soleil (voir l'autre texte).
La lettre du pdg du CN, Claude Mongeau, adressée le 18 novembre au président de l'Assemblée nationale a été déposée mardi en chambre. En réaction à la motion unanime demandant que son entreprise repeigne le pont, M. Mongeau y réaffirmait que cela est la responsabilité des pouvoirs publics.
La députée et candidate à la chefferie du Parti québécois Martine Ouellet a réagi en soulignant que les travaux de peinture étaient inclus dans l'entente de privatisation du CN en 1995. «Que le gouvernement fédéral du Canada fasse ce qu'il y a à faire pour que les ententes soient respectées. C'est au CN de peinturer le pont.»
«Indécent» de refuser
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, pense quant à lui que le CN n'aura «pas le choix» d'investir dans une nouvelle peinture pour le pont de Québec quand il constatera l'ampleur de la mobilisation citoyenne.
«Tout le monde me dit ceci : le Canadien National, il n'a plus le choix, il faut qu'il embarque. Avec les 100 millions $ investis [par les gouvernements], ça devient indécent» de refuser, a-t-il commenté lundi à Bruxelles. M. Lehouillier est à organiser un «grand rassemblement» dans sa ville pour mettre de la pression sur le CN. 
Avec Stéphanie Martin et Michel Corbeil