Si la loi provinciale interdit déjà de fumer du cannabis dans les endroits publics où il est interdit de fumer du tabac, il sera aussi interdit de fumer le cannabis dans les rues, les ruelles, les parcs, les parcs canins, les tunnels piétonniers, sur les trottoirs et sur les pistes multifonctionnelles comme la promenade du Lac-des-Nations.

Sherbrooke interdit le cannabis dans les lieux publics municipaux

La Ville de Sherbrooke adoptera un règlement sévère pour limiter les endroits où il sera permis de consommer du cannabis à partir du 17 octobre. Elle choisit d’interdire ce produit dans tous les lieux publics municipaux.

Si la loi provinciale interdit déjà de fumer du cannabis dans les endroits publics où il est interdit de fumer du tabac, il sera aussi interdit de fumer le cannabis dans les rues, les ruelles, les parcs, les parcs canins, les tunnels piétonniers, sur les trottoirs et sur les pistes multifonctionnelles comme la promenade du Lac-des-Nations.

Il sera aussi interdit d’être intoxiqué dans une place publique municipale.

« Pour le cannabis, on interdit la consommation sur les places publiques municipales. Par contre, si vous allez dans un restaurant et que vous sortez pour aller fumer, vous pourrez puisque vous serez dans un endroit privé. Chez vous, vous pourrez le faire. Tout ce que nous régissons, ce sont les places publiques municipales », précise Danielle Berthold, présidente du comité de la sécurité publique à la Ville de Sherbrooke.

« Au départ, nous avions plus tendance à nous coller aux règles sur la cigarette, mais nous nous sommes proposé de faire une restriction très sévère et, au bout d’un an, quand nous aurons surveillé, que nous aurons fait des statistiques, nous élargirons. C’est toujours plus facile d’extraire la pâte à dents du tube que d’essayer de la remettre dedans. Si on permettait plusieurs choses et qu’on s’apercevait que ça n’avait pas de bon sens, il serait plus difficile de reculer. On s’adaptera. Ce sera une situation évolutive », ajoute-t-elle.

Pour l’application de ce règlement, le maire Steve Lussier estime qu’il faudra investir un peu plus d’un million de dollars supplémentaires au Service de police de Sherbrooke. « Il faut comprendre que ce n’est pas que de mettre des patrouilleurs supplémentaires. C’est tout ce qui vient avec en équipements pour la détection du cannabis et en formation pour les policiers. »

« Dans notre analyse, ça facilitait la vie des policiers de l’interdire au complet. Huit grandes villes du Québec, dont Lévis, Saguenay, Granby et Trois-Rivières, ont un règlement identique au nôtre », ajoute Danielle Berthold, qui affirme que la Ville a fait plusieurs démarches avec les autres municipalités avant de se positionner.

Danielle Berthold

La signalisation sera ajustée dans les endroits publics et une campagne de sensibilisation devrait être lancée. Le coût de ces mesures n’a pas été déterminé. 

Ceux qui contreviendront au règlement s’exposent à des amendes minimales de 250 $ et maximales de 750 $. 

Le conseiller Vincent Boutin a appelé à une certaine flexibilité dans l’application future du règlement. « Je suis solidaire de l’orientation, mais j’espère qu’on fera un peu comme on l’a fait avec les virages à droite aux feux rouges en ayant le réflexe de voir comment les choses évoluent. »

Il n’est pas possible pour le moment de connaître l’emplacement de la Société québécoise du cannabis à Sherbrooke. Rappelons qu’elle doit s’installer dans un quadrilatère encadrant le lac des Nations, entre les rues Belvédère, King Ouest, Galt Ouest et Jacques-Cartier. Le magasin ne sera vraisemblablement pas encore ouvert le 17 octobre, jour de la légalisation du cannabis.

« Il n’y aura pas d’improvisation dans ce dossier », assure Steve Lussier. Aucune date d’ouverture n’a été avancée.