Le déménagement de Marine et Julien au centre-ville de Gaspé (photo), a été beaucoup plus compliqué que prévu.
Le déménagement de Marine et Julien au centre-ville de Gaspé (photo), a été beaucoup plus compliqué que prévu.

S’établir en Gaspésie en pleine pandémie

Si s’installer dans une nouvelle région est souvent un défi, le faire en pleine pandémie l’est d’autant plus. Place aux jeunes, un organisme favorisant la migration et l’établissement des jeunes diplômés en région, a dû revoir ses façons de faire afin de vendre la Gaspésie, tout en respectant des mesures sanitaires.

Nouvel environnement, cercle social à rebâtir et déménagement se conjuguent mal avec quarantaine et distanciation sociale, selon l’agente de migration de l’organisme pour la MRC de Côte-de-Gaspé, Mélissa Fortin-Lapointe. «C’est plus difficile de vendre la chaleur gaspésienne à deux mètres de distance !» lance-t-elle en riant. 

«L’organisme a l’habitude de proposer aux personnes intéressées de venir faire un séjour exploratoire dans la péninsule, un genre de ‘’petite séduction gaspésienne’’», explique Mélissa Fortin-Lapointe. En petits groupes, on présente la Gaspésie à des curieux des quatre coins du Québec, et on les met en contact avec d’éventuels employeurs et des résidents du coin. 

C’est comme ça que Marine Lautier et Julien, un jeune couple installé à Montréal depuis 5 ans, ont pris la décision de déménager à Gaspé. «On a vraiment eu un coup de cœur, il y a beaucoup d’opportunités, beaucoup de dynamisme», explique Julien, qui débutera sa formation en tourisme d’aventure au Cégep de la Gaspésie et des Îles dans quelques mois. 

Faire découvrir la Gaspésie en ligne 

Afin de continuer à offrir ses services, l’organisme a dû innover et se tourner vers le web, par exemple en offrant aux nouveaux arrivants une visite virtuelle du Musée de la Gaspésie. «Ça demande beaucoup de créativité, mais c’est rendu agréable de trouver des nouvelles façons de faire découvrir notre région», explique Mélissa. Ses collègues et elle ont aussi proposé une Veillée Virtuelle. 

Ces activités, bien qu’en ligne, font le bonheur des nouveaux arrivants qui y participent. «On a beaucoup apprécié, ça nous fait rencontrer des gens et on en apprend plus sur notre nouvelle région», note Marine. Elles pourraient d’ailleurs se poursuivre, même une fois la pandémie passée, selon Mélissa Fortin-Lapointe. «Ça nous permet de présenter notre région à des gens qui ne peuvent pas nécessairement se déplacer, des gens qui sont loin», explique-t-elle. 

Déménager en pandémie 

S’ils n’ont pas eu de difficulté à trouver un logement, chose rare à Gaspé, Marine et Julien n’ont pas trouvé de tout repos de devoir se faire un nouveau chez-soi tout en respectant la quatorzaine recommandée par la santé publique. «On a eu de la difficulté à se faire livrer, notamment l’épicerie», explique Julien. Trouver des électroménagers a aussi été un défi pour le couple qui n’a toujours pas réussi à dénicher une machine à laver, même plus de deux mois après leur arrivée. «Les gens qui arrivent depuis la COVID-19 ont beaucoup de mal à trouver des meubles et des électroménagers, particulièrement de seconde main, c’est un enjeu», confirme Mélissa Fortin-Lapointe. 

Autre défi de taille, se faire un nouveau cercle social. «On n’a pas vraiment l’occasion de rencontrer des gens à cause de la distanciation sociale», explique Marine, un constat qui est partagé par l’agente en migration. «Le plus gros défi, c’est rencontrer des gens, ne pas s’isoler», ajoute-t-elle. 

Place aux jeunes travaille d’ailleurs sur l’organisation d’activités en présentiel respectant les mesures de distanciation physique pour permettre aux nouveaux arrivants de se créer un réseau de contacts.