La Fédération des intervenants en petite enfance du Québec accueille avec enthousiasme le rapport qui reproche au ministère de la Famille de trop mal connaître les enfants qui ne fréquentent pas les services de garde pour bien répondre à leurs besoins.
La Fédération des intervenants en petite enfance du Québec accueille avec enthousiasme le rapport qui reproche au ministère de la Famille de trop mal connaître les enfants qui ne fréquentent pas les services de garde pour bien répondre à leurs besoins.

Services de garde: aussi du temps et de l’écoute

Plus que de l’argent, le ministre québécois de la Famille doit «investir du temps et de l’écoute dans son réseau», réclament les intervenantes en petite enfance.

Elles accueillent avec enthousiasme le rapport qui reproche au ministère de la Famille de trop mal connaître les enfants qui ne fréquentent pas les services de garde pour bien répondre à leurs besoins. Le Soleil en dévoilait le contenu en exclusivité, jeudi matin.

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«Tout le réseau aurait pu lui dire la même chose. Mais le rapport amène de bonnes solutions», affirme la présidente de la Fédération des intervenants en petite enfance du Québec (FIPEQ), Valérie Grenon.

Mme Grenon estime que le rapport Agir pour que chaque tout-petit développe son plein potentiel «nous donne encore raison quand on disait que c’était impossible que 156 000 enfants soient nulle part», dit-elle, à propos des 156 097 bambins hors réseau, soit 35,7 % des petits Québécois âgés de 0 à 4 ans.

«Ça démontre que les fameuses places en maternelle 4 ans n’ont pas servi à combler ce besoin-là. On revient avec la maternelle 4 ans, mais c’est [le ministre] qui sortait ces chiffres-là pour répondre à son besoin de création de maternelles 4 ans. Le rapport nous réconforte, ça fait longtemps qu’on leur dit», selon Mme Grenon.

Une pénurie de main-d’œuvre sévit ici aussi. «On peut bien ouvrir le nombre de CPE [Centres de la petite enfance] qu’on voudra, s’il n’y a pas d’éducatrices qualifiées, on va encore investir dans un lieu vide. Actuellement, il y a 10 000 places disponibles en milieu familial subventionné qui ne sont pas distribuées aux parents parce qu’il n’y a pas de responsables qualifiées», explique la présidente de la FIPEQ.

«La qualité passe par de meilleures conditions de travail pour attirer des personnes qualifiées et attirer des gens à vouloir étudier dans ce domaine», ajoute-t-elle, soulignant la baisse de 30 % d’étudiantes en technique d’éducation à l’enfance.

Parmi les autres solutions, «il faut aller chercher les familles défavorisées, le rapport le démontre bien. En ce moment, on travaille en silos et on attend que les parents [des milieux défavorisés] viennent. Mais les parents ne viennent pas! Il faut aller les chercher, qu’ils comprennent ce qu’on est capables de faire pour eux. On n’est pas là pour les remplacer, on est là pour les accompagner et les soutenir dans le développement de leur enfant», conclut Mme Grenon.

La FIPEQ représente 13 000 des 32 000 intervenantes en petite enfance au Québec, ce qui en fait le plus important syndicat du milieu. Environ 10 000 de ses membres travaillent en milieu familial et 3000 en CPE.

Cela survient en période de négociations avec l’État. Les responsables des services éducatifs en milieu familial entreprendront des moyens de pression à compter du 31 janvier en ouvrant 15 minutes plus tard les vendredis.