Le NM Apollo est actuellement amarré au quai 30 dans le port de Québec, dans l’estuaire de la rivière Saint-Charles, en attendant que son sort soit scellé.

Sept entreprises intéressées par le traversier NM Apollo

Sept compagnies ont démontré un intérêt pour l’achat du NM Apollo, navire remisé par la Société des traversiers du Québec (STQ) seulement deux mois après son acquisition afin d’assurer la liaison entre Matane et la Côte-Nord.

«Il y a sept entreprises qui ont levé la main», dénombre le responsable des relations publiques de la STQ, Alexandre Lavoie. «Donc, cette semaine, on fait des visites du navire. Tous ceux qui ont signifié leur intérêt peuvent venir le visiter, poser les questions qu’ils veulent sur le navire, son état, faire le tour. Après ces visites-là, les gens auront l’occasion de déposer une promesse d’achat. C’est la prochaine étape importante : le 24 mai, c’est la date limite pour déposer une promesse d’achat.»

«Ça ne veut pas dire que les sept qui vont venir le visiter vont déposer une promesse d’achat», fait remarquer M. Lavoie. «Et ça ne veut pas dire, non plus, […] qu’on va en choisir une. On se garde la réserve d’en accepter aucune s’ils ne respectent pas les critères.»

Mais le bâtiment de 109 mètres construit en 1970, payé 2,1 millions $ par la STQ, est encore capable d’attirer les regards. Cela même s’il a souvent fait la manchette durant ses quelques semaines de traversée du fleuve. Notamment parce qu’il a foncé deux fois dans les quais. Et parce que le Bureau de la sécurité des transports (BST) l’a jugé en très mauvais état.

La STQ avait injecté des sommes importantes pour le maintenir à flot. Mais c’était insuffisant pour le rendre sécuritaire. Elle a dû se résoudre à la retirer de la circulation dès le 19 mars. 

Le NM Apollo est actuellement amarré au quai 30 dans le port de Québec, dans l’estuaire de la rivière Saint-Charles, en attendant que son sort soit scellé. 

Conditions

La STQ espère s’en débarrasser avant la fin juin. Après, un éventuel acheteur devra sans doute décaisser gros pour le rendre utilisable. «C’est sûr qu’il y a des investissements à faire», convient Alexandre Lavoie. «Comme traversier, en ce moment, on ne peut pas l’utiliser. Mais il y a peut-être d’autres fonctions qui nécessiteront moins d’investissements pour l’utiliser.»

L’acquéreur devra, en outre, respecter plusieurs conditions avant de quitter le port de Québec. Il devra notamment s’engager à battre pavillon canadien et à ne pas revendre le bâtiment durant au moins un an. «C’est une façon de nous assurer qu’il n’y ait pas d’utilisation dangereuse ou risquée ou qui ne respecte pas les standards qu’on se donne comme société d’État. La dernière chose qu’on voulait voir arriver c’est un armateur, disons “moins scrupuleux”, qui achète le navire, prenne ce qu’il veut dessus ou l’opère un certain temps, puis l’abandonne sur une plage quelque part et que le navire reste comme une pollution. Ou qu’il arrive un accident en opération.»

Depuis décembre

Pour nous démêler un peu dans la saga de la traversée Matane–Baie-Comeau–Godbout, rappelons-nous que la STQ avait acheté un navire italien tout neuf de 175 millions $ en 2015 : le F.-A.-Gauthier. Celui-ci est toutefois encore en cale sèche au chantier maritime Davie parce que ses turbines souffrent.

La STQ jongle avec plusieurs solutions depuis son retrait en décembre. Des avions sont nolisés pour les passagers; sinon, il faut faire un détour par Québec ou se rabattre sur des opérateurs de navires privés. 

Pour les camions, le CTMA Voyageur a été ramené entre Matane et Baie-Comeau afin de permettre trois jours de transport par semaine. Mais il devra retourner fin mai aux Îles-de-la-Madeleine.

«À partir du 1er juin, le F.-A.-Savard va pouvoir être utilisé», note Alexandre Lavoie. Celui-ci assurait le lien entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Puis, en juillet, la STQ espère pouvoir mettre en service le Saaremaa acheté récemment en Allemagne pour 39 millions $. «Il devrait arriver bientôt à Québec.» Il faudra toutefois environ huit semaines de travaux, et des millions de dollars, pour le «mettre aux normes» avant de l’envoyer à Matane.