Sept ans de pénitencier pour un agresseur sexuel en série

Un homme d’affaires sans antécédent judiciaire, Christian Girard, a été condamné à sept ans de pénitencier pour des agressions sexuelles répétées, durant 30 ans, sur sept jeunes hommes de son entourage.

À défaut d’être réunis dans une salle d’audience, les victimes de Christian Girard et leurs proches étaient nombreuses à suivre l’audience virtuelle lundi matin, pour savoir quel sort attendait celui qui a été déclaré coupable de grossière indécence, d’attentat à la pudeur et d’agression sexuelle. 

Le procureur de la Couronne Me Michel Bérubé estimait à huit années de pénitencier la peine juste pour des agressions en série sur autant de victimes.

L’avocate de Christian Girard, Me Micheline St-Laurent, avait suggéré une peine globale entre 24 et 30 mois. L’accusé, aujourd’hui âgé de 65 ans, a témoigné pour dire qu’il ne tenait pas rigueur aux victimes.

En 2015, sept hommes se sont mis à dénoncer des gestes d’attouchements, de masturbation et de fellations, rares pour certains, fréquents pour d’autres. Les dernières agressions remontaient à la fin des années 1990. Plusieurs ont expliqué que les agressions se sont produites dans un contexte où l’accusé et les victimes avaient consommé drogue et alcool.

Vrai que Girard n’a pas utilisé la violence, au sens propre. Mais Girard a «usé de contrainte psychologique» et «abusé sans réserve de l’intégrité physique et psychologique des victimes», insiste le juge Hubert Couture.

Bon nombre des victimes étaient mineures au moment du début des crimes. «Leur vulnérabilité était évidente pour ne pas dire aveuglante», écrit le juge Couture dans sa décision.

Les jeunes hommes ont pour la plupart continué d’avoir certains contacts avec Girard, un homme charismatique, très apprécié de toute sa famille élargie. Après avoir entendu la preuve, le juge estime que les relations entre Girard et ses victimes se sont poursuivies «dans un contexte immoral et pernicieux de pouvoir, de domination et de contrôle».

Le tribunal dit avoir été en mesure de constater la détresse des victimes, leur douleur et leur désarroi ainsi que la grande difficulté de raconter les agressions subies. «La vie des victimes est gâchée à jamais», écrit le juge Couture, insistant sur les nombreuses séquelles, notamment des problèmes de consommation d’alcool et de stupéfiants.

Avant de rendre la peine de sept ans de pénitencier, le juge Hubert Couture a rappelé la tendance actuelle des tribunaux à imposer des peines plus sévères. Dans l’arrêt Friesen en avril 2020, la Cour suprême indiquait que des peines plus lourdes doivent être imposées pour les infractions d’ordre sexuel à l’égard des enfants.

Après sa détention, il sera interdit à Christian Girard de se trouver dans les lieux publics fréquentés par des mineurs.