Dans un discours prononcé au Colloque sur la sécurité routière, tenu vendredi et samedi au Centre de foires, le maire Régis Labeaume a livré un plaidoyer bien senti en faveur d’une nouvelle «posture mentale» sur les routes.

Sécurité routière : Labeaume réclame un changement de culture sur les routes

Régis Labeaume réclame ni plus ni moins qu’un changement de culture sur les routes et militera de façon «très directe» pour la courtoisie entre tous les usagers.

Dans un discours prononcé en clôture du Colloque sur la sécurité routière, samedi, au Centre de foires, le maire de Québec a livré un plaidoyer bien senti en faveur d’une nouvelle «posture mentale» sur les routes.

«Courtoisie au volant, laisser passer les piétons quand ils veulent traverser, ne pas être délinquant dans les zones scolaires, a-t-il énuméré. Pourquoi au Québec, ça ne marche pas? Comment se fait-il qu’on n’ait pas ces comportements-là?» a-t-il demandé, faisant des comparaisons «avec d’autres provinces». «On a une conscience collective qui n’est pas très affinée», a-t-il poursuivi, déplorant qu'on «en parle beaucoup» mais que ça ne se traduisait pas par des gestes. 

M. Labeaume a soutenu que les politiciens pouvaient bien prendre n'importe quelle mesure afin de provoquer des changements, comme instaurer de nouvelles limites de vitesse ou reconfigurer le réseau, mais que si la communauté ne se prend pas en main, il n’y aura aucun effet. «Ce n’est pas une Ville qui prend ces décisions-là, mais une communauté.»

En mêlée de presse à la suite de son discours, le maire s’est adressé aux «innocents» qui roulent plus vite que la limite permise pour arriver «27 secondes» plus rapidement à la maison. «Ça vaut tu la peine, innocent, que tu risques des vies pour ça?»

Le maire de Québec veut démontrer qu’avec les feux de circulation et les arrêts obligatoires, adopter des comportements à risque ou dépasser la limite de vitesse ne permet pas de gagner du temps. «Il faut faire ces preuves-là et leur expliquer.»

M. Labeaume a l’intention de faire de la courtoisie un sujet récurrent. «Je vais en parler dans les prochains mois et je vais être très, très direct. […] Il va falloir que collectivement on regarde notre affaire et qu’on se dise des vérités.»

Visiblement exaspéré par le manque de respect sur les routes, Régis Labeaume a prévenu qu’il fallait continuer d’appliquer des mesures répressives. Car pour certains conducteurs, a-t-il dit, ce n’est qu’en «touchant le portefeuille» qu’ils finiront par comprendre.

Décès inacceptables

Cette sortie de M. Labeaume survient alors que la Ville de Québec a enregistré une diminution des collisions mortelles et avec blessés graves sur son réseau ces dernières années. 

Le nombre de décès est passé de 9 en 2006 à 3 décès en 2016, tandis que le nombre de blessés graves a chuté de 126 à 43 pour la même période. Pourtant, selon un sondage de la Ville, près d'une personne sur deux a l'impression que la sécurité routière s'est dégradée. L'une des explications serait l'incivilité. 

Malgré le bon bilan routier, M. Labeaume estime qu’une communauté «ne peut pas accepter» que des concitoyens décèdent sur les routes ou que d’autres aient à vivre avec un handicap toute leur vie en raison d’un accident.

Il ne croit toutefois pas à la «vision zéro», un concept adopté ailleurs dans le monde visant à éliminer complètement les décès sur les routes. Le programme a fait l’objet de discussions lors du colloque.

Le maire a expliqué que sa ville en applique les mêmes principes sans en porter le nom, qu'il qualifie de mode, mais qu’il est quasi impensable d’atteindre zéro collision grave. «C’est le fun de dire vision zéro mais ça ne se peut pas. J’aime pas ça qu’on se conte des mensonges.»