Une vue «avant-pendant» la tempête de sable martienne qui s'est abattue sur Opportunity.

Une tempête martienne menace Opportunity

WASHINGTON — Une gigantesque et violente tempête de poussières est en train de recouvrir la totalité de Mars, coupant du monde l'un deux robots de la NASA qui explorent la planète. Les ingénieurs se demandent s'il ressuscitera.

Plus du quart de la planète est déjà recouvert par la tempête. Sur les zones déjà frappées, il fait complètement noir, a confirmé la NASA cette semaine. Dans deux ou trois jours, toute la planète sera engloutie, pour potentiellement plusieurs semaines.

La NASA a trois satellites en orbite autour de Mars, et deux robots au sol. Le plus vieux d'entre eux, Opportunity, a parcouru plus de 45 km depuis 2004, alimenté en énergie par des panneaux solaires (l'autre, Curiosity, est nucléaire et roule depuis 2012). Quand il n'y a plus de soleil, Opportunity se met en sommeil. C'est le cas depuis la semaine dernière, et il n'a plus donné de nouvelles depuis dimanche.

«Nous attendons, nous écoutons tous les jours pour voir s'il envoie un signal», a expliqué John Callas, le chef de projet Opportunity.

Le problème est que le robot ne peut rester en sommeil longtemps que si la température ne descend pas en-dessous de -55 degrés Celsius. Heureusement, les scientifiques ne s'attendent pas à ce qu'elle descende en-dessous de -36, car l'été approche sur Mars.

«Nous devrions être capables de survivre à la tempête une fois que le ciel se dégagera», a prudemment dit John Callas.

Quand Opportunity reverra le soleil, il devrait pouvoir recharger ses batteries. Bien qu'elles soient vieilles de plus de 15 ans, «ce sont les meilleures batteries du système solaire», a-t-il dit. Elles ont gardé une capacité de 85 %.

S'il se réveillait, Opportunity confirmerait son statut quasi-invincible : la mission initiale du robot était en effet de 90 jours. En Californie, au centre de contrôle du programme Opportunity, l'inquiétude était mêlée à la curiosité scientifique : de telles tempêtes planétaires sont en effet rares.

Mars est surveillée en continu par des sondes, quotidiennement, depuis une vingtaine d'années, et une tempête globale n'y a été observée qu'une douzaine de fois, a dit Rich Zurek, le responsable scientifique du programme Mars.

Or, avant d'envoyer des hommes sur la planète, il est essentiel d'améliorer... les prévisions météorologiques. La NASA veut pouvoir anticiper des tempêtes de cette taille-là, dont on ne comprend pas bien l'origine.

«Nous voulons éviter une situation où une équipe travaillerait loin de sa base et serait surprise par ce genre de tempêtes, et aurait du mal à rentrer», a expliqué Jim Watzin, directeur du programme d'exploration martienne à la NASA.