Tous les animaux sans exception, des plus humbles insectes jusqu'à l'homo sapiens, ont conservé un minimum de besoin de dormir.

Une étude démystifie les mythes sur les rêves

Les rêves où l'on a l'impression de tomber? Beaucoup plus rares qu'on le croit. Les cauchemars qui finissent bien? Tout à fait possible (cela arrive même 20 % du temps). Les cauchemars de bibittes sont l'apanage des petites filles? Absolument pas, en fait les hommes en font plus souvent que les femmes! Une étude parue mardi dans la revue savante Sleep déboulonne quelques mythes sur le sujet - et soulève de bien intrigantes questions.
L'article des chercheurs de l'Université de Montréal Geneviève Robert et Antonio Zadra est fondé sur
572 personnes qui ont tenu des sortes de journaux de bord de leurs rêves pendant deux à cinq semaines, au réveil. Fait étonnant, cette méthode, qui est pourtant le standard par excellence pour l'analyse du contenu des rêves, car la mémoire les oublie très vite, n'avait jamais été utilisée pour étudier les cauchemars et les mauvais rêves. Les participants ont noté près de 10 000 rêves de toutes sortes, ce qui a permis aux chercheurs de sélectionner 431 «mauvais rêves» (soit des rêves dérangeants, mais qui ne provoquent pas le réveil) et 253 cauchemars (avec réveil) consignés par 331 dormeurs.
De manière générale, les cauchemars se sont avérés émotionnellement plus intenses que les mauvais rêves. Les agressions physiques étaient le thème le plus fréquent des cauchemars (49 % des cas), alors que c'étaient les conflits interpersonnels qui revenaient le plus souvent dans les mauvais rêves (35 %).
Le vide et les insectes
Fait étonnant, certains «grands classiques» cauchemardesques, comme le fait d'être poursuivi et l'impression de tomber dans le vide, ne sont apparus que dans 11 et moins de 2 % de l'échantillon respectivement. Et le duo d'auteurs a également trouvé que 9,4 % des cauchemars des hommes impliquent des insectes, contre seulement 4,5 % chez les femmes.
En outre, aussi paradoxal que cela puisse paraître, 22 % des cauchemars et 38 % des mauvais rêves connaissent un dénouement heureux ou partiellement heureux.
Ces résultats contrastent fortement avec bien des idées reçues, de même qu'avec ce que d'autres études sur les cauchemars avaient trouvé - celles-ci rapportaient notamment que la chute libre représentait entre 21 et 73 % des cauchemars.
«La plupart des études précédentes étaient faites en distribuant des questionnaires à des gens en leur demandant "Avez-vous déjà fait tel ou tel type de cauchemar?", et en leur donnant une liste de thèmes de laquelle choisir. Et ça, ça donne des données très biaisées [... parce qu'] il y a des types de cauchemars que l'on retient mieux que d'autres. Et l'impression de tomber est en plus un phénomène qui peut survenir lors de l'endormissement, sans aucun rapport avec les rêves», explique M. Zadra.