L'équipe de New Horizons, dont fait partie le Québécois Frédéric Pelletier, ne cachait pas sa joie deux heures après que la sonde soit passée au plus près de Pluton, soit à quelque 12 430 km de la planète naine. Un objectif atteint au terme d'un long périple de neuf ans.

Survol de Pluton: mission accomplie, se réjouit Frédéric Pelletier

«L'équipe est très heureuse. C'est un feeling d'accomplissement, le fruit de plusieurs années de labeur. C'est aussi excitant que quand Curiosity a atterri sur Mars!»
<p>Frédéric Pelletier qualifie d'«impressionnantes» les dernières images prises par le vaisseau pas plus gros qu'un piano. </p>
<p>L'équipe de New Horizons célébrait le passage de la sonde au laboratoire de physique appliquée de l'Université Johns Hopkins, à Laurel au Maryland. </p>
En entrevue téléphonique à partir de Laurel, au Maryland, où il se trouve depuis quelques jours avec l'équipe de New Horizons, le Québécois Frédéric Pelletier ne cachait pas sa joie deux heures après que la sonde fut passée au plus près de Pluton, soit à quelque 12 430 km de la planète naine. Un objectif atteint au terme d'un long périple de neuf ans.
«La sonde, qui ne communique pas en même temps qu'elle prend des photos et recueille des données, nous donnera vers 21h30 ce soir [mardi] la confirmation par message radio qu'elle est rendue de l'autre côté, et on aura de nouvelles images demain [mercredi]», a précisé l'ingénieur de formation, qui a participé à l'opération de navigation de la sonde vers Pluton à partir de chez lui, dans le quartier Le Mesnil, à Québec. 
Frédéric Pelletier a travaillé près de 10 ans pour la NASA en Californie avant de se joindre à l'équipe de Kinet X International, une petite entreprise canadienne spécialisée en dynamique spatiale qui a des contrats avec l'agence spatiale gouvernementale américaine. 
«Le plus gros défi, c'était d'avoir Pluton dans notre caméra alors qu'on avance à une vitesse de
13,8 km/seconde. On aurait pu la manquer, il fallait calculer le timing exact», a expliqué M. Pelletier, précisant que l'équipe avait pris la décision de vivre avec une soixantaine de secondes d'écart par rapport à ce qui était initialement prévu. 
«On aurait pu faire un ajustement le 12 juillet, mais on a décidé de ne rien faire parce qu'on était dans les spectres et qu'on ne voulait pas risquer de causer un problème à la sonde» à un moment crucial de son voyage, a exposé le spécialiste en dynamique spatiale. 
En passant aussi près de Pluton, la sonde aurait également pu percuter des débris, mais le risque était faible, selon M. Pelletier. «On n'en a pas vu», se réjouit-il.
M. Pelletier qualifie d'«impressionnantes» les dernières images prises par le vaisseau pas plus gros qu'un piano. 
Beaucoup d'activité
«Il y a beaucoup d'activités sur la croûte glaciaire de Pluton. On voit des formes intéressantes. On voit une grosse tache très claire qui a un peu la forme d'un coeur et qui est entourée de formes plus sombres. On voit aussi des vallées un peu du type Grand Canyon. On note également l'absence de cratères, comme il y en a sur la Lune ou sur Charon [la principale lune de Pluton]. Et on voit des traces de méthane», énumère le Québécois. 
Outre la morphologie, la géologie et la température de surface de Pluton, New Horizons, qui possède sept instruments de mesure, s'intéresse particulièrement à la composition de l'atmosphère de la planète naine, mentionne encore Frédéric Pelletier, qui restera au Maryland au cours des prochains jours pour participer à la reconstitution de la trajectoire de la sonde. 
New Horizons poursuit sa route de l'autre côté de Pluton pour aller observer la ceinture de Kuiper, une zone en forme d'anneau composée principalement de petits corps glacés qui s'étend au-delà de l'orbite de Neptune.