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La nouvelle prothèse que le docteur Demers et ses collègues ont implantée réduirait le temps et le risque liés à l’opération chirurgicale.
La nouvelle prothèse que le docteur Demers et ses collègues ont implantée réduirait le temps et le risque liés à l’opération chirurgicale.

Prothèse cardiaque: première canadienne à l’Institut de cardiologie de Montréal

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne
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Une équipe de l’Institut de cardiologie de Montréal est récemment devenue la première au Canada à implanter une nouvelle prothèse biologique qui réduit le temps que passeront certains patients sur la table d’opération.

«Ça nous permet de traiter les patients qui ont à la fois une maladie de la valve aortique et un anévrisme de l’aorte, avec un même implant qui va remplacer à la fois la valve et l’aorte avec une valve biologique, avec la technologie pour permettre de possiblement avoir une durée de l’implant plus longue», a résumé le docteur Philippe Demers, qui est chirurgien cardiaque à l’ICM.

Les maladies de la valve aortique (celle qui contrôle la circulation du sang du ventricule gauche vers l’aorte) surviennent lorsque la valve de l’aorte n’arrive plus à s’ouvrir ou se refermer correctement. Elles peuvent entraîner l’insuffisance cardiaque ou une hypertrophie du coeur, c’est-à-dire l’accroissement de la taille du coeur.

La nouvelle prothèse que le docteur Demers et ses collègues ont implantée le 31 mai se distingue du fait que le tube et la valve sont déjà assemblés, ce qui réduit le temps et le risque liés à l’opération chirurgicale.

Sans cette nouvelle prothèse, a dit le docteur Demers, «on aurait dû nous-mêmes coudre, sur la table d’opération, une valve dans un tube».

«Donc on rend la procédure plus efficace avec moins de perte de temps et on évite de potentielles petites erreurs techniques en ayant ce conduit-là déjà préparées à l’usine», a-t-il expliqué.

Les chirurgiens peuvent utiliser des valves mécaniques ou des valves biologiques pour traiter ce genre de problème.

Les valves biologiques, qui sont faites de tissus humains ou animaux, sont habituellement proposées aux patients un peu plus âgés, puisqu’elles ont une durée de vie utile de dix ou quinze ans. Les patients qui les reçoivent n’ont pas à prendre d’anticoagulants.

En revanche, on implante habituellement aux patients plus jeunes des valves mécaniques qui dureront beaucoup plus longtemps, mais qui nécessiteront la prise d’anticoagulants.

La nouvelle valve, même si elle est biologique, sera disponible pour ces patients plus jeunes, a dit le docteur Demers.

«L’implant qu’on a utilisé utilise la plus récente technologie [...] pour essayer de retarder ou prévenir la calcification ou la dégénérescence du tissu biologique», a-t-il précisé.

Cela devrait avoir comme effet d’améliorer la qualité de vie des patients, en leur évitant de devoir prendre des anticoagulants pendant de nombreuses années.

La nouvelle valve semble prometteuse, a dit le docteur Demers, et «à ce jour les données humaines jusqu’à cinq ans sont très encourageantes».

«Mais c’est l’histoire de la chirurgie cardiaque, a-t-il lancé en conclusion. Il faut souvent attendre dix, quinze, vingt ans pour pouvoir confirmer nos impressions cliniques.»