Les virus de la grippe ont souvent la Chine comme «épicentre», pour ainsi dire, et il semble que les oiseaux migrateurs comme les canards et les oies (photo) leur servent de réservoir naturel.

Profession: chasseur d’influenza

En général, l’être humain normalement constitué adopte toujours le même comportement à l’égard du virus de la grippe: se tenir le plus loin possible. Mais Gary Wong, lui, va littéralement courir après pour l’«attraper» avant tout le monde...

M. Wong vient de décrocher une chaire de recherche Sentinelle Nord de l’Université Laval (UL) afin de monitorer les différentes souches d’influenza qui circulent parmi les oiseaux migrateurs du Grand Nord, a appris Le Soleil. «Nous voulons savoir quelles souches d’influenza se trouvent là-bas afin de pouvoir réagir aussi tôt que possible, tant pour les éleveurs de volaille que pour la santé humaine», indique M. Wong, qui travaille à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Les virus de la grippe ont souvent la Chine comme «épicentre», pour ainsi dire, et il semble que les oiseaux migrateurs comme les canards et les oies leur servent de réservoir naturel. Ceux-ci peuvent ensuite infecter les oiseaux d’élevage — parfois les humains, quand il s’agit d’une souche capable de le faire — et comme ces oiseaux parcourent de grandes distances, ils peuvent répandre l’influenza très rapidement. Ce qui inclut traverser la Béringie pour venir en Amérique.

À la fin de 2014, par exemple, des virus d’influenza de type H5N8 particulièrement dévastateurs pour la volaille ont été découverts en Amérique du Nord. Or, dit M. Wong, «on sait que ça venait d’Asie, les analyses génétiques l’ont démontré. […] Alors, ce que nous voulons savoir, c’est: si les H5 peuvent passer de l’Asie à l’Amérique comme ça, est-ce que les autres souches d’influenza en sont capables aussi? Est-ce que c’est déjà arrivé? Nous voulons détecter ces virus avant qu’ils ne deviennent un problème.»

Le réseau de surveillance qu’il mettra sur pied dans le Grand Nord permettra de répondre à ces questions et donnera du temps aux autorités pour réagir. «Le Nord du Canada, c’est très grand, mais nous essayons de bien répartir nos efforts géographiquement», indique M. Wong.

Sa chaire de recherche sera subventionnée avec les fonds que l’UL a reçus du programme fédéral Apogée, en 2015.