Archéologue sautant à l'eau pour descendre sur l'épave de l'Empress of Ireland à partir du navire de recherche du SAS, l'Investigator.

Naufrage de l'Empress of Ireland: un «mystère» enfin résolu?

Le mystère entourant les causes exactes du naufrage de l'Empress of Ireland au large de Sainte-Luce-sur-Mer, près de Rimouski, pourrait trouver une réponse avec la nouvelle cartographie en 3D de cette épave centenaire, notamment du gouvernail, réalisée par le Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada.
Ce gouvernail est soupçonné d'avoir contribué indirectement à la collision avec le charbonnier norvégien, le Storstad, le 29 mai 1914. Les plans de remplacement de ce gouvernail n'ont jamais été trouvés. «Il a été question que le gouvernail ne répondait pas bien, dans un témoignage isolé. On va analyser, sous l'eau, sa construction, prendre une photogrammétrie, par sa forme et en le mesurant. Ce sera un élément de plus de compréhension historique», suggère Charles Dagneau, archéologue responsable du projet au Service d'archéologie subaquatique de Parcs Canada. Ce dernier a plongé sur cette épave qui gît entre 30 à 45 mètres de profondeur, à la limite de la plongée en scaphandre autonome.
Idéalement, M. Dagneau aimerait entrer à l'intérieur de la carcasse pour scruter le reste du mécanisme. «Je ne serai pas à l'aise d'y entrer et c'est très dangereux de passer à travers une dizaine de ponts dans une structure qui s'affaisse. On doit respecter des normes sévères de plongée. À 40 mètres de profondeur, on est limité à 15 minutes sous l'eau. On pourrait aussi utiliser une alimentation d'air en surface pour plonger ou un petit robot pour pénétrer dans l'épave quand on aura une meilleure connaissance du site», a expliqué l'archéologue.
Par deux fois, lors de la commission royale d'enquête de Lord Mersey en 1914, il avait été fait mention de problèmes au gouvernail de l'Empress et certains affirmaient même l'avoir vu zigzaguer dangereusement après son départ de Québec. La commission d'enquête avait toutefois conclu que les deux navires avaient commis une faute de navigation causant ainsi la mort de plus de 1000 personnes.
Guide de plongée
Parcs Canada a aussi publié un guide de plongée sur cette épave, un outil de travail inexistant jusqu'à maintenant même si des dizaines de plongeurs se rendent sur l'épave chaque été. «Nous allons probablement revenir l'an prochain. C'est une épave magnifique, gigantesque. Il y a un aspect émotionnel sur cette épave puisque c'est aussi un tombeau (...) Il est très difficile de prévoir le moment exact de l'effondrement de l'épave avec les forces dans l'eau, les courants, l'état de la structure. Il faudrait des études d'ingénieurs qui coûteraient des millions», ajoute M. Dagneau.
Le travail de huit archéologues consiste à recueillir des données directement sur l'épave en plongée sous-marine et à l'aide d'un véhicule téléguidé. Le premier volet de cette étude, achevé en mai, avait été de cartographier le champ de débris de l'épave à l'aide d'un bateau et d'un drone sous-marin équipés de sonars latéraux et de magnétomètres.