Jennifer Sidey et Joshua Kutryk ont visité l'Agence spatiale canadienne, à Longueuil, mardi.

Les deux nouveaux astronautes canadiens rencontrent des enfants

Joshua Kutryk et Jennifer Sidey ne manquent pas de travail dans leurs nouvelles fonctions d'astronautes canadiens, mais l'une de leurs priorités consiste d'abord à une chose : inspirer la prochaine génération.
M. Kutryk, âgé de 35 ans et originaire de Fort Saskatchewan, en Alberta, s'est souvenu mardi que c'est la visite d'une exposition sur le «bras canadien» à Edmonton qui a allumé sa flamme pour l'espace, alors qu'il n'avait que six ans.
«Les enfants nous admirent. C'est une partie importante de notre travail : la vie de tout le monde commence quelque part», a-t-il raconté mardi, alors qu'il visitait l'Agence spatiale canadienne, à Longueuil, en banlieue de Montréal, en compagnie de sa nouvelle collègue.
Joshua Kutryk est un pilote dans l'armée de l'air qui est diplômé en génie mécanique, en plus de détenir une maîtrise en études de la défense.
Jennifer Sidey, originaire de Calgary, travaillait comme ingénieure mécanique et était chargée de cours à l'Université de Cambridge.
«C'est fou, j'espère certainement que les enfants pourront regarder Josh et moi et penser qu'ils pourraient être à notre place dans quelques années. C'est vraiment important pour moi», a-t-elle déclaré.
Mme Sidey a passé une bonne partie de sa jeune vie - elle va avoir 29 ans en août - à encourager les femmes et les filles à prendre leur place dans le domaine du génie. Elle prévoit utiliser sa nouvelle tribune pour poursuivre cet effort.
«J'ai fait beaucoup de travail pour m'assurer que le génie soit pour tout le monde», a-t-elle soutenu.
«Le génie consiste simplement à utiliser la science pour améliorer la vie des gens. C'est le seul critère. Au-delà de ça, ça repose entre les mains de quiconque veut l'étudier et l'amener là où il ou elle veut.»
Mme Sidey rêvait de devenir astronaute depuis 1992, lorsque la Canadienne Roberta Bondar s'est envolée à bord de la navette Discovery. Elle avait quatre ans quand sa mère l'a aidée à faire un album avec des coupures de journaux. Elle avait aussi fabriqué son propre vaisseau spatial avec des rouleaux de papier hygiénique avec son nom écrit dessus.
«Et j'étais prête, je croyais que c'était une chose merveilleuse et j'avais cette personne (Mme Bondar) à laquelle je pouvais m'identifier», a-t-elle déclaré.
Formation de deux ans à Houston
Après avoir passé à travers un processus de recrutement éreintant, les deux nouveaux astronautes ont célébré leur nomination, mardi, en parcourant les locaux de l'Agence spatiale et en répondant aux questions de plusieurs enfants.
Des jours plus difficiles s'annoncent prochainement, alors qu'ils amorceront un programme de formation de deux ans à Houston avec une douzaine de collègues américains, qui seront sous la supervision de l'astronaute canadien Jeremy Hansen.
«C'est un énorme défi, parce que nous devons apprendre beaucoup de choses assez rapidement», a expliqué Jennifer Sidey, mardi.
Le ministre fédéral de l'Innovation, Navdeep Bains a parlé des astronautes comme de «vraies bonnes personnes» qui servent d'inspiration pour tous les enfants, dont ses propres fillettes, âgées de six et neuf ans.
«Je veux qu'elles voient Jenni, je veux qu'elles admirent Jenni», a-t-il dit. «À un si jeune âge, elle a tant accompli, mais c'est une bonne personne, elle se soucie profondément du Canada.»
M. Hansen a dit que c'était un moment excitant pour l'agence, ajoutant que ses nouveaux membres aideront à façonner l'avenir.
«Ce sont deux Canadiens extraordinaires qui ont des choses incroyables qui se passent dans leur vie, ils faisaient du travail formidable», a-t-il dit. «Nous les avons volés.»