M. Félix Maltais, éditeur et fondateur des Débrouillards

Les Débrouillards: 35 ans à initier les jeunes à la science

Le mouvement éducatif Les Débrouillards initie les enfants et les adolescents à la science depuis maintenant 35 ans, et selon son fondateur, ces magazines scientifiques sont d'autant plus importants maintenant alors que les jeunes sont exposés à toutes sortes d'informations farfelues et carrément fausses.
L'éditeur et créateur du mouvement Les Débrouillards, Félix Maltais, a célébré l'anniversaire de son bébé au Planétarium de Montréal, samedi après-midi, entouré de ses collaborateurs de la première heure.
Une centaine d'enfants étaient aussi présents avec leurs parents pour assister à une démonstration du créateur d'expériences des Débrouillards, Yannick Bergeron, qui a fait jaillir un mélange chimique - surnommé «pâte à dents d'éléphant» - inhalé l'air de ballons gonflés à l'hélium et fabriqué de la neige artificielle devant l'air ébahi de son public.
En plus du magazine Les Débrouillards, l'organisation produit le magazine Les Explorateurs, pour les jeunes de 6 à 10 ans, puis Curium pour les adolescents.
Des jeunes «toujours curieux»
Le public des Débrouillards a sans doute bien changé depuis 35 ans, mais selon M. Maltais, les jeunes «sont toujours curieux, ils veulent tout savoir et ils veulent s'amuser». D'ailleurs, deux des trois magazines sont en croissance, dit-il.
Il estime que le rôle des communicateurs scientifiques est particulièrement important pour les jeunes d'aujourd'hui afin de faire contrepoids contre les informations fausses qui sont véhiculées sur les médias sociaux, par exemple.
Selon lui, les informations vérifiées et crédibles doivent circuler «plus que jamais», d'où la pertinence de ces trois publications.
«Il y a un rôle pour les communicateurs scientifiques, autant pour nous, avec les jeunes, que pour les communicateurs scientifiques qui travaillent par exemple à l'Agence science presse pour véhiculer des informations scientifiques de qualité», a-t-il soutenu en entrevue avec La Presse canadienne.
Pendant son discours, M. Maltais a indiqué que Les Débrouillards rejoignait quelque 30 000 familles, tandis que Les Explorateurs est distribué dans 25 000 chaumières. Les chiffres sont plus modestes pour le tout nouveau, Curium, avec environ 6000 abonnements, mais l'organisation travaille fort pour augmenter les ventes.
Relations plus harmonieuses avec le ministère
Le gouvernement du Québec, qui offre une contribution importante à l'organisation, devait être représenté par la ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Sciences, Dominique Anglade, mais elle a dû annuler sa présence en raison d'un vote sur un projet de loi qui s'est poursuivi pendant la nuit de vendredi à samedi.
Le premier ministre Philippe Couillard avait toutefois envoyé une vidéo qui a été projetée pendant l'événement.
La survie des Débrouillards avait d'ailleurs été menacée il y a deux ans, lorsque le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Sciences avait annoncé qu'il retirait son soutien financier avant de revenir sur sa décision.
M. Maltais assure que les relations sont plus harmonieuses avec le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Sciences.
«On est très, très contents de nos relations avec le ministère. Il y a eu un mauvais épisode qui était dû surtout à un haut-fonctionnaire qui pensait qu'il ferait mieux avec cet argent-là que de le donner aux organismes de culture scientifique», a-t-il affirmé.
La contribution du gouvernement du Canada a aussi été soulignée - un message écrit par le premier ministre Justin Trudeau a été lu par M. Maltais, dans lequel il remerciait l'organisation de «participer à l'éveil de la science chez les jeunes».
Félix Maltais a annoncé dans son discours que ce serait le dernier anniversaire qu'il célébrera en tant qu'éditeur. La rédactrice et éditrice adjointe, Isabelle Vaillancourt, prendra le relais.
«Les Débrouillards, ça n'appartient pas à Félix Maltais et son équipe [...] Les Débrouillards, ça appartient à la société québécoise. On est devenus, veut, veut pas, une institution de la société québécoise», a-t-il conclu.