Le québecol du sirop d'érable, une arme de plus contre la gingivite

Une équipe de l'Université Laval vient de découvrir des propriétés anti-inflammatoires à une molécule contenue dans le sirop d'érable, lit-on dans un article paru récemment dans la revue savante Bioorganic & Medicinal Chemistry Letters.
Normalement, les cellules immunitaires du corps humain s'activent en présence de toxines d'origine bactérienne en sécrétant une substance nommée cytokine, qui agit comme un signal d'alarme et qui attire d'autres cellules immunitaires vers le site infecté. Cependant, il arrive que ce mécanisme s'emballe et cause des problèmes - dans des maladies comme l'arthrite ou la gingivite, par exemple.
Or en exposant des cellules immunitaires à un composé nommé québecol, que l'on ne trouve que dans le sirop d'érable, une équipe de l'UL menée par le chimiste Normand Voyer et le chercheur en médecine dentaire Daniel Grenier a constaté qu'elles produisaient beaucoup moins de ces cytokines.
De là à soigner sa gingivite en se gargarisant de sirop d'érable, cependant, il y a un pas à ne pas franchir, avertit M. Voyer. «À la quantité de québecol qu'il y a dans le sirop d'érable, il n'y a aucune chance pour qu'on ait le même effet, c'est vraiment beaucoup trop faible.»
En fait, l'étude des propriétés du québecol, isolé pour une première fois en 2011, n'est vraiment possible que depuis que le laboratoire de M. Voyer est parvenu à synthétiser la molécule, en 2013. Auparavant, il fallait filtrer le sirop pour obtenir du québecol, et avant d'en avoir assez pour faire une étude, on devait traiter des quantités totalement absurdes de sirop - de l'ordre de 20 000 litres.
Le sirop lui-même n'a donc (malheureusement) rien de thérapeutique. À part bien sûr pour l'âme, s'entend...
Puissant anti-inflammatoire
En outre, les propriétés anti-inflammatoires du québecol ne sont pas particulièrement fortes, comparées aux anti-inflammatoires déjà présents sur le marché. Mais comme l'inflammation peut avoir plusieurs sources différentes, «avoir de nouvelles molécules nous donne un plus grand arsenal» de traitement, dit M. Voyer. Et c'est d'autant plus vrai que son labo, en «travaillant» un peu la molécule, est parvenu à améliorer ses effets anti-inflammatoires.