Guy Laliberté s'est envolé avec succès vers la Station spatiale

Guy Laliberté réalise un rêve: il est le premier touriste canadien de l'espace et le premier clown en orbite.
Le fondateur du Cirque du Soleil, qui célèbre cette année son 50e anniversaire de naissance et le 25e de celui de son entreprise, s'est envolé avec succès vers la Station spatiale internationale (SSI) à bord d'une fusée Soyouz TMA-16, tôt mercredi matin, à partir de la base située à Baïkonour, au Kazakhstan.
Le décollage s'est déroulé sans encombre, peu après 3h. Quelques minutes après le décollage, M. Laliberté a fait signe à la caméra située dans la fusée et a dit à l'équipe au sol se sentir «super».
La capsule doit voyager pendant deux jours avant de s'arrimer à la Station spatiale internationale, vendredi matin.
Le milliardaire québécois est accompagné à bord de la capsule de deux astronautes, l'Américain Jeffrey Williams et le Russe Maxim Souraïev qui, eux, s'installeront en orbite jusqu'en mars.
Avant de prendre place dans la fusée, l'homme de cirque a prévenu qu'il comptait bien apporter son humour avec lui dans les cieux. Joignant l'acte à la parole, il a apporté avec lui des nez de clown destinés à l'équipage de la Station spatiale.
«J'ai promis que j'allais planter autant de nez de clown que possible dans l'espace, a-t-il expliqué en conférence de presse avant le départ. Alors les étoiles ne seront plus seulement brillantes, dorénavant, elles seront aussi colorées.»
Enthousiasme contagieux
Signe que l'enthousiasme de l'amuseur public est contagieux, les trois hommes sont entrés à bord de la capsule en entonnant la chanson populaire «Mammy Blue», écrite en 1971. Ils ont ensuite traversé une foule enjouée qui les a applaudis en leur souhaitant «bon voyage».
Sa famille et ses amis ont assisté avec anxiété au décollage. Ils ont applaudi à l'annonce de la mise en orbite sans encombre du vaisseau spatial, scandant «Guy! Guy!», avant de reprendre la chanson d'Elton John, «Rocket Man». Plusieurs d'entres eux arboraient même un nez de clown.
Son épouse, l'ancien mannequin Claudia Barilla, a affirmé être très heureuse pour lui. «C'est exceptionnel, a-t-elle déclaré. Maintenant, nous savons qu'il est là-haut.»
Guy Laliberté a décidé de faire ce voyage «pour s'amuser, mais surtout pour réaliser un rêve d'enfant», selon Mme Barilla.
«Dans ma vie, j'ai fait beaucoup de choses amusantes, folles et aventureuses, mais c'est vraiment la plus grande aventure dans laquelle je me suis jamais embarqué», avait expliqué le voyageur de l'espace à l'Associated Press lundi. «Je ne suis pas un scientifique, un docteur ou un ingénieur. Je suis un organisateur, un homme de spectacle et un créateur.»
Le chanteur Garou, un ami de M. Laliberté, était aussi présent. «Je suis encore plus fasciné que je ne le pensais», a-t-il commenté.
Neuf jours
Celui qui se plaît à être le «premier clown dans l'espace» doit séjourner neuf jours à bord de la Station spatiale internationale. Il reprendra le chemin de la terre ferme le 10 octobre avec deux astronautes ayant terminé leur séjour dans l'espace.
Guy Laliberté, qui a fondé l'organisation One Drop, entend utiliser son voyage pour sensibiliser les populations aux enjeux de l'eau sur la Terre.
Pour ce faire, il a organisé un «spectacle planétaire» qui se déroulera le 9 octobre et au cours duquel sera lu un conte poétique écrit spécialement par l'écrivain canadien Yann Martel.
Guy Laliberté a déboursé 35 millions $ US afin de prendre part à ce voyage inusité. Sa fortune personnelle est évaluée à 2,5 milliards $ US.
Une telle visite payante ne devrait pas se reproduire dans l'immédiat. Les États-Unis vont bientôt arrêter leurs vols de navettes, qui vont partir à la retraite. Les fusées russes seront alors le seul moyen d'accéder à la SSI, et les responsables des programmes spatiaux auront alors vraisemblablement d'autres priorités que d'acheminer des touristes vers la station internationale.