Avec la mort de Sudan, cette semaine, la sous-espèce du rhinocéros blanc du nord s’éteint, puisqu’il ne reste plus que deux spécimens en vie, tous deux femelles.

En 400 mots: quel avenir pour le rhino blanc?

Il avait 45 ans, un âge vénérable pour un animal de son espèce: Sudan, le dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, est décédé cette semaine, au Kenya. Voici un petit guide pour comprendre ce qui est arrivé et ce que cela signifie pour l’espèce, en cinq questions.

Q Est-ce le dernier rhino blanc?

Pas tout à fait. Le rhinocéros blanc du Nord est une sous-espèce du rhinocéros blanc, l’autre étant appelée simplement «du Sud». Pour la sous-espèce du Nord, c’est essentiellement la fin des tout derniers espoirs — même si ceux-ci n’étaient plus que théoriques depuis quelques années, voir plus bas —, puisqu’il ne reste plus que deux spécimens en vie, tous deux femelles. La sous-espèce du Sud, cependant, compte plus de 20 000 têtes, vivant très principalement en Afrique du Sud; cette population n’est pas considérée en danger, bien que son avenir ne soit pas complètement assuré, comme l’indique son statut de «quasi-menacé».

Q Est-ce dramatique quand même?

R Oui, absolument. La disparition d’une sous-espèce est peut-être «moins pire» que celle d’une espèce entière, mais du point de vue de la biodiversité, cela n’en est pas moins une perte significative. C’est d’autant plus vrai dans le cas du rhinocéros blanc du Nord, que l’on estime que les deux sous-espèces sont séparées géographiquement depuis environ 1 million d’années. La distance génétique entre les deux est donc relativement grande.

Q Comment le spécimen est-il décédé?

R Sudan a dû être euthanasié. L’an dernier, le magazine Wired rapportait déjà qu’il avait une jambe rongée par l’arthrite, au point de peiner à se déplacer. Cette semaine, les médias disaient de lui qu’il ne pouvait plus marcher du tout. Il était également aveugle d’un œil.

Q Avait-on tenté de le faire s’accoupler pour sauver l’espèce?

R En 2009, Sudan et trois autres spécimens qui vivaient ensemble dans un zoo avaient été relocalisés dans le Ol Pejeta Conservancy, un sanctuaire de 360 km2 au Kenya. L’espoir était que leur nouvel environnement, plus naturel, allait les inciter à se reproduire. Cependant, ces animaux étaient tous de proches parents — les deux femelles toujours vivantes sont la fille et la petite-fille de Sudan — et ne sont pas parvenus à s’accoupler, indique l’organisme britannique Save the Rhino. En outre, Sudan ne tolérait plus très bien la compagnie de ses semblables dernièrement.

Q IVF: le dernier espoir?

R En théorie, on pourrait féconder les deux femelles restantes avec du sperme congelé — certains labos en conservent des échantillons. Mais la technique n’est pas facile à mettre en œuvre sur des rhinocéros et même l’organisme Save the Rhino ne semble pas y croire. Car même si on y parvenait, les problèmes qui ont mené à son extinction, soit principalement le braconnage à cause d’une forte demande pour ses cornes en médecine traditionnelle chinoise, n’ont pas été réglés. Alors où vivraient les futurs spécimens?