Le chef de mission du volet océanographique du projet PROMESse, Gustavo Ferreyra

Des scientifiques de Rimouski étudieront l'exploitation des hydrocarbures en Argentine

Depuis mardi, une quinzaine de chercheurs de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) sont à bord du navire de recherche océanographique Coriolis II. En tout, une cinquantaine de scientifiques étudieront pendant 30 jours les effets potentiels de l'exploitation des hydrocarbures en milieu extracôtier sur l'écosystème marin et la géologie marine du golfe.
Non, ce n'est pas le gisement Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent qui est l'objet de ce projet, mais les eaux d'un autre golfe, celui de San Jorge, en Argentine, tout juste avant l'étape de l'exploitation des hydrocarbures en milieu extracôtier de cette région qui fournit déjà, sur terre, la moitié du pétrole de ce pays.
Le Coriolis II, véritable laboratoire flottant, voguait depuis le 22 novembre en direction de l'Argentine pour mener le projet PROMESse, soit Programme multidisciplinaire de recherche en océanographie pour l'étude de l'écosystème de la géologie marine du golfe de San Jorge et de la côte de la province de Chubut (Patagonie). Il a, au passage, réalisé une mission de collecte de données en Guyane française pour le compte de l'entreprise Sea Forth.
Des bouées électroniques fabriquées à Rimouski sont en place depuis 2011, en plus d'un observatoire marin inspiré de celui du Saint-Laurent. «Suite à nos études, il y aura la phase de l'exploitation pétrolière dans un an ou deux. Nous posons l'hypothèse sur comment les perturbations d'origine humaine par le déversement d'hydrocarbures et le réchauffement climatique affecteront le fonctionnement de l'écosystème du golfe de San Jorge et comment il va réagir à long terme», a expliqué Gustavo Ferreyra, chef de mission du volet océanographique.
Similitudes avec le Saint-Laurent
Les similitudes entre les golfes du Saint-Laurent et de San Jorge sont frappantes; les deux comptent notamment un parc marin et misent sur la présence de zones touristiques et de pêche. C'est à la suite d'un déversement accidentel survenu dans cette région en 2007 lors du chargement d'un pétrolier à partir d'hydrocarbures d'origine terrestre que les Argentins ont lancé cette recherche scientifique.
«À long terme, nous voulons développer un modèle de risque pour les zones côtières qui puissent s'adapter aux deux hémisphères Nord et Sud. C'est une chance incroyable d'avoir des données de l'hémisphère Sud. On est déjà en train de développer des modèles de risque pour l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, en particulier par rapport aux accidents pétroliers. La comparaison et le développement des deux modèles vont être enrichis d'autant», décrit Émilien Pelletier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie moléculaire en milieux côtiers.
Pour suivre la mission, on peut naviguer sur Internet au coriolis.uqar.ca.