Des fossiles donnent de précieux indices sur notre évolution vers la marche

PARIS — La découverte de fossiles d'un singe inconnu, vieux de plus de 11 millions d'années, permet de mieux comprendre le passage de nos ancêtres sur leurs deux jambes, selon une étude publiée la semaine dernière dans la revue Nature.

Si un consensus existe sur le fait que nos ancêtres ont dû opter pour la position debout il y a environ sept à cinq millions d'années, le comment fait toujours débat au sein de la communauté scientifique. Certains considèrent que le changement s'est opéré alors que nos ancêtres vivaient toujours dans les arbres mais s'y dressaient déjà sur deux jambes, quand d'autres avancent qu'ils passaient déjà le plus clair de leur temps sur la terre ferme où ils se déplaçaient à quatre pattes.

Mais la découverte en Bavière, en Allemagne, de fossiles d'un nouveau singe, vieux de 11,62 millions d'années, dont les os des membres inférieurs et postérieurs s'avèrent bien conservés, vient faire pencher la balance en faveur du premier scénario. «Les fossiles comprennent des restes d'au moins quatre individus, avec un squelette partiel suffisamment complet pour décrire, en détail, la morphologie des membres et de la colonne vertébrale et les proportions du corps», expliquent dans l'étude Madelaine Bôhme, de l'Université de Tübingen, ses collègues.

Nommé Danuvius guggenmosi, l'animal possède des bras faits pour sauter de branches en branches et des membres postérieurs morphologiquement adaptés à la marche. Ce singe avait également un gros orteil qui lui permettait de marcher sur la plante des pieds, précise l'étude. Une caractéristique qui «suggère que D. Guggenmosi aurait pu marcher le pied posé à plat sur les branches», explique dans un commentaire publié avec l'étude Tracy Kivell, de l'université du Kent au Royaume-Uni.

«Les membres de cette espèce se déplaçaient d'une façon jusqu'à aujourd'hui inconnue», ajoute Tracy Kivell, qui y voit «un bon modèle de possible locomotion pour les derniers ancêtres communs» aux grands singes et à l'homme.